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L’ULB s’engage pour la restitution des restes humains issus de la période coloniale

L’ULB a signé avec l’Université de Lubumbashi une convention portant sur la restitution de restes humains issus de la période coloniale. 

L’Université Libre de Bruxelles a entamé il y a plusieurs années une réflexion sur la question des restes humains issus de la période coloniale conservés dans ses collections. Cette réflexion a débouché sur l’organisation en 2019 d’un colloque sur le sujet.

Parmi les pièces rassemblées au sein des collections d’anthropologie à des fins scientifiques, certaines on été “récupérées ou acquises lors des premières étapes de la colonisation du Congo, dans le contexte du développement de l’anthropologie raciale.”, indique l’ULB dans un communiqué. Ces pièces, corps ou de partie de corps d’habitants de territoires aujourd’hui en République Démocratique du Congo, ont été transportées en Belgique par des militaires et coloniaux belges. “Certains crânes font partie de collections d’anthropologie physique que des médecins et scientifiques proches de l’ULB ont constituées à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle.”

L’Université libre de Bruxelles a entamé un processus d’étude de ces « collections » au regard des conventions muséales internationales tout en s’interrogeant sur le devenir de telles pièces au sein des collections universitaires, en tenant compte des enjeux scientifiques et juridiques, mais aussi politiques et moraux que cela implique.”, explique l’université.

Au-delà de la convention, l’UNILU, avec le concours de l’ULB et d’autres universités partenaires, propose la mise en place d’une plateforme scientifico-académique pilote de réflexion sur la question de la restitution des biens culturels.

Il s’agira entre autres de récolter et analyser les discours sur l’opportunité des restitutions; de faire connaître et renforcer les pratiques des institutions muséales de conservation et valorisation de leur patrimoine; et d’offrir les outils “pour la réappropriation par les Congolais et les Européens de la dimension historique du phénomène des transferts des restes humains vers l’Europe, couplé avec le transfert de biens culturels et le pillage de ressources naturelles de la RD C sous le signe du travail forcé.”, souligne encore le communiqué de l’ULB.

Le devenir des crânes hébergés à l’ULB ne pouvait échapper au débat plus global de la restitution de restes humains prélevés sur les terres des anciennes colonies à la faveur de régimes coloniaux qui sévissaient à l’époque. Une approche digne et respectueuse de ces restes humains s’imposait.“, commente la nouvelle rectrice de l’ULB, Annemie Schaus.

Rédaction (Photo : Belga)

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15 octobre 2020 - 13h03
Modifié le 15 octobre 2020 - 13h26