L’hôpital St-Luc préconise une mise en mouvement aux soins intensifs

Les Cliniques universitaires Saint-Luc présentent ce jeudi une étude faisant valoir les bienfaits de la mise en mouvement dès les premiers jours d’hospitalisation aux soins intensifs.

Selon l’état de santé de chacun des patients, l’équipe du service des soins intensifs peut décider de pratiquer une mobilisation passive ou active. Elle a à sa disposition un vélo adapté, qui peut être utilisé couché comme assis. Ces séances permettent d’accélérer la revalidation et le retour à domicile en préservant la masse musculaire.

Cette nouvelle étude physiologique s’est concentrée sur une vingtaine de patients en choc septique, qui perdent rapidement de la masse musculaire. Des biopsies musculaires ont été réalisées avant et après une période d’exercices de 7 jours. Dans le groupe contrôle des patients peu mobilisés, les médecins ont constaté que la masse musculaire diminue très rapidement, contrairement au groupe actif, qui garde une masse musculaire plus normalisée.

Une première étude avait observé en 2014 et 2015 la mobilisation précoce exercée sur 80% des 171 patients admis aux soins intensifs des Cliniques Saint-Luc. “On a démarré il y a une petite dizaine d’années ici à entamer un exercice physique actif chez les patients”, explique le professeur Pierre-François Laterre, chef du service. “Alors au début, il y avait un besoin de démontrer la faisabilité parce que beaucoup de gens n’étaient pas convaincus que c’était possible en se disant qu’il y avait beaucoup de facteurs limitants, le fait d’être sous respirateur, d’être dialysé, d’être en choc…” Il reste cependant quelques contre-indications comme une fracture du bassin, un infarctus du myocarde, un traumatisme crânien ou encore les états non stabilisés où le diagnostic vital est engagé.

“Dans les services de soins intensifs, les patients sont généralement mobilisés plus tardivement, voire pas du tout pour les petits centres où il faut attendre d’être transféré dans les étages pour bénéficier d’une prise en charge fonctionnelle”, remarque Cheryl Hickmann, kinésithérapeute en charge du projet.

Généralement, les patients ressortent très affaiblis d’un séjour aux soins intensifs avec une diminution de la masse musculaire, voire des problèmes de respiration, des escarres, des infections… Il s’en suit une dégradation de leur qualité de vie, comme le constate Cheryl Hickmann. “Des problèmes fonctionnels peuvent perdurer plusieurs années après la sortie de l’hôpital et des fonctionnalités peuvent ne jamais être récupérées. Parmi les cas les plus sévères, on a des patients qui ne peuvent plus respirer seuls et qui doivent avoir des supports respiratoires à domicile, des patients qui ne peuvent plus se mettre debout, qui souffrent de problèmes cognitifs… Ils peuvent donc ne plus retrouver leur autonomie physique ou intellectuelle”.

Belga. Photo: Belga/Eric Lalmand

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20 décembre 2018 - 07h50