Grève nationale : transports, magasins, piquets de grève… le point sur la situation à Bruxelles

Ce mercredi, une grève générale soutenue par l’ensemble des syndicats belges touche de nombreux secteurs publics et plusieurs entreprises privées. Les transports en commun, le trafic aérien, les hôpitaux, la collecte des déchets ou encore les services administratifs sont notamment perturbés. On fait le point complet.

Cet appel à débrayer fait suite à l’échec des négociations relatives au nouvel accord interprofessionnel (AIP) pour la période 2019-2020. Les représentants des travailleurs dénoncent la limitation à 0,8% de la marge d’augmentation salariale pour les deux années à venir.

Suivez le trafic en temps réel sur les routes bruxelloises sur notre page “Trafic et travaux”.

Piquets de grève

Selon nos informations, un piquet de grève est en cours devant les bureaux de Proximus, à côté de la gare de Bruxelles-Nord, ainsi que devant la tour Belfius. Un piquet de grève est également en cours devant le siège de Total, sur la rue du Commerce à Bruxelles. L’entreprise française avait fait l’objet de vives critiques après avoir offert à ses employés de Feluy, dans le Hainaut, des primes si ces derniers ne faisaient pas grève ce mercredi.

Les syndicats avaient disposé des piquets également aux abords d’autres grandes entreprises de la capitale, comme Audi Brussels à Forest, Viangro à Anderlecht, et devant des bâtiments de la Stib et de la SNCB.onde aux contrôles”, souligne Nathalie Pierard. Le trafic ne devrait cependant plus être perturbé.

► Images et interview de Nicolas Franchomme

Plusieurs supermarchés sont également bloqués suite à ce mouvement de grève, notamment les magasins Carrefour et Delhaize d’Evere et d’Uccle ou le centre commercial Cora de Woluwe-Saint-Lambert. Dans toute la Belgique, la chaîne Carrefour compte 44 fermetures de magasins et Delhaize 68. La majorité des enseignes sont toutefois ouvertes. Colruyt connaît aussi moins de perturbations en Flandre, avec seulement un blocage ou l’autre. La Wallonie et Bruxelles sont bien plus affectées, surtout dans les centres-villes, signale une porte-parole. Aucun chiffre sur Bruxelles n’a été révélé pour la chaîne Lidl. Comeos, la fédération du commerce et des services, confirme une situation contrastée entre le sud et le nord du pays, le premier étant davantage touché.

Des représentants du syndicat libéral CGSLB ont aussi rallié l’Inno de la rue Neuve, ainsi que l’avenue Louise, autre boulevard bordé d’enseignes, pour indiquer que les magasins n’ouvriraient pas en ce jour de grève nationale. À l’exception de la galerie de l’Inno et de quelques autres boutiques, la plupart des commerces étaient pourtant accessibles. Quelques syndicalistes faisaient le pied de grue devant Zara pour expliquer que l’enseigne espagnole n’accueillerait aucun client de la rue Neuve. Dans la galerie Anspach, New Look n’a pas ouvert ses portes non plus. La chaîne anglaise avait annoncé en janvier son intention de déposer le bilan pour ses six magasins belges, menaçant 110 emplois.

Grève nationale - Piquet de grève Delhaize Evere - Marie-Noëlle Dinant BX1

STIB

La Stib l’avait annoncé : le trafic des transports en commun est fortement perturbé en raison de cette grève générale. Selon la situation pointée à 7h30, le métro 1 circulent seulement entre la gare de l’Ouest et Montgomery, et une navette de bus fait les trajets entre Simonis et De Brouckère. Les trams 3, 4, 7, 51, 82 et 92 circulent également, tout comme les bus 29, 46, 71 et 87.

La Stib précise en outre qu’aucune autre ligne de tram ou de métro circulera ce mercredi, et qu’une ligne exploitée signifie qu’au moins la moitié des véhicules circulent sur la ligne par rapport à un jour normal.

“Nous nous efforçons de maintenir en fin de journée la même offre de service proposée en matinée, de manière à permettre aux navetteurs qui se sont rendus sur leur lieu de travail en transport en commun de rentrer chez eux”, précise une porte-parole de la Stib à l’agence Belga.

De Lijn et TEC

Du côté de la société flamande de transports en commun De Lijn, et de sa consœur wallonne TEC, les lignes vers et en-dehors de Bruxelles sont également très perturbées. Cliquez ici pour découvrir les perturbations concernant De Lijn (dans la catégorie Vlaams-Brabant) et cliquez ici pour découvrir les perturbations concernant les TEC.

SNCB

Près de la moitié des trains devraient bien rouler mercredi, jour de grève nationale qui occasionne la mise en place d’un service alternatif sur le rail belge, a confirmé un porte-parole de la SNCB vers 06h00 à l’agence Belga

Il s’agit bien d’une moyenne, précise toutefois le porte-parole. “Durant l’heure de pointe du matin et du soir, un plus grand nombre de trains circuleront”, même si c’est durant ces heures-là que la plupart des wagons ont été supprimés. Durant l’heure de pointe du matin, les trains IC roulent ainsi qu’un nombre limité de train L et S.

Les navetteurs sont invités à consulter le planificateur de voyages de la SNCB pour savoir si des trains assureront leurs trajets et pour en connaître les horaires. La grève du rail a commencé mardi à 22h00 et prendra fin mercredi à la même heure.

En revanche, le trafic ferroviaire international ne devrait pas être trop touché par la grève. Thalys a prévu une seule annulation entre Bruxelles et Paris alors qu’Eurostar ne s’attend pas à des problèmes majeurs pour les passagers devant se rendre en Angleterre. Seules les personnes voyageant en Eurostar vers la France (Lille ou Calais) devront revoir leurs plans en raison de la fermeture du terminal “intra-Schengen” en gare de Bruxelles-Midi. Il s’agit d’une minorité de passagers.

Trafic aérien

Le trafic aérien est actuellement paralysé. Skeyes (ex-Belgocontrol) a en effet interdit le trafic aérien entre mardi 22h00 et mercredi 22h00. Selon Skeyes, il n’y a pas de certitude quant au nombre d’employés pour occuper un nombre limité de postes cruciaux. Les aéroports ont annulé leurs vols.

Le tour-opérateur TUI a organisé ce mercredi matin un système de navettes depuis le plateau du Heysel, à Bruxelles, pour permettre aux Belges et étrangers qui avaient un vol prévu ce mercredi d’être transférés aux Pays-Bas, au Luxembourg ou en France pour prendre leur avion.

Le trafic aérien reprendra mercredi à partir de 22h00. Un seul vol, de la compagnie Aeroflot pour rallier Moscou, est encore prévu au départ de Brussels Airport mercredi soir, tandis que six arrivées seront au tableau d’affichage.

La journée de jeudi sera chargée au lendemain de la grève, où un surplus de passagers est attendu. Les compagnies aériennes ont en effet dû reporter leurs vols annulés pour cause de grève. “Nous demandons dès lors aux voyageurs de se présenter bien à l’heure car il y aura beaucoup de m

Images de Belga Vidéo

Services administratifs

Les administrations locales et régionales – parmi lesquelles les CPAS, les provinces, les pompiers, les polices locales et fédérale, les intercommunales – ne seront pas en reste et prendront également part au mouvement. Plusieurs administrations communales ont annoncé la fermeture de leurs bureaux ce mercredi.

Bpost

La distribution du courrier est globalement assurée dans l’ensemble du pays, a fait savoir une porte-parole de bpost peu après 09h00. Les tournées des journaux ont ainsi été effectuées à plus de 95%, tant en Wallonie qu’en Flandre et à Bruxelles. Quant à l’acheminement des lettres et des colis, la situation est meilleure dans le nord que dans le sud du pays, où seules 68% des tournées sont assurées.

Le mouvement de grève, qui touche de nombreux secteurs à travers tout le pays, n’affectera finalement pas trop la distribution du courrier ce mercredi.  Aucun site de bpost n’a été bloqué durant la nuit. Les lettres et paquets ont donc pu être acheminés vers les centres de tri et de distribution. “Mais en raison de la grève, le personnel est restreint, ce qui implique que le volume de courriers traités sera moindre”, indique Barbara Van Speybroeck, porte-parole de bpost.

À l’aube ce matin, les facteurs ont assuré les tournées de journaux à 95% en Wallonie et à Bruxelles. La distribution des lettres et colis enregistre par contre de moins bons résultats. En Wallonie et à Bruxelles, seules 68% des tournées ont été assurées.

Écoles

La grève nationale a généré peu de perturbations dans les écoles du réseau libre, qui scolarise un enfant sur deux en Fédération Wallonie-Bruxelles. “Dans la plupart des cas, les écoles fonctionnent normalement, même si on nous a signalé quelques perturbations ici et là, mais c’est assez limité”, a indiqué Conrad Van de Werve, porte-parole du Secrétariat général pour l’enseignement catholique (SeGEC) interrogé par Belga. “Dans la plupart des écoles, les cours sont donnés normalement”. Davantage peut-être que la mobilisation des enseignants, c’est apparemment la faible disponibilité de transports en commun qui a eu le plus d’impact sur la fréquentation scolaire des élèves ce mercredi, demi-journée de cours dans les écoles de la Fédération.

Selon Eugène Ernst, de la CSC-Enseignement, l’impact de la grève sur les écoles est toutefois bien réel. “On ne peut pas dire qu’il y a beaucoup d’activités dans les écoles aujourd’hui”, commente-t-il, tout en reconnaissant que c’est aussi dû à la faible offre en transport. Le nombre de profs grévistes dans les écoles ne sera toutefois connu qu’ultérieurement, précise M. Ernst.

À l’ULB, quelques piquets de grève ont été dressés à certaines entrées du campus du Solbosch mercredi matin. Mais “les différents campus sont accessibles et nous ne constatons que peu de perturbations dans l’ensemble”, a indiqué Valérie Bombaerts, porte-parole de l’ULB.

Hôpitaux

Les hôpitaux sont aussi touchés à divers degrés par la grève. Selon les institutions, il y aura soit un service minimum (salles d’opération pour urgences, polyclinique fermée, etc.), soit un service limité (au cas par cas par les services).

Collecte des déchets

La collecte des sacs d’ordures ménagères risque d’être également fortement perturbée, indique dans un communiqué Bruxelles-Propreté, qui invite dès lors les habitants dont les poubelles sont ramassées le mercredi à ne pas les sortir. Tous les parcs à conteneurs de la Région bruxelloise seront par contre ouverts.

Prisons

La grève nationale de mercredi, à l’appel du front commun syndical CSC-FGTB-CGSP, a des conséquences bien concrètes pour les prisonniers du pays, aussi bien au nord qu’au sud. Le régime pénitentiaire “est fortement impacté partout”, résume en matinée la porte-parole de l’administration pénitentiaire Kathleen Van De Vijver. Pour les prisonniers, c’est synonyme d’une journée sans visites, sans préau, sans travail, entre autres.

Selon les chiffres de l’administration pénitentiaire, l’appel à la grève est suivi de manière relativement similaire en Flandre et en Wallonie, avec une part un peu plus importante d’absents parmi les agents dans le nord du pays en matinée. Pour les prisons flamandes et celle de Saint-Gilles (Bruxelles), la moyenne de présence des agents en uniforme pour le shift du matin était de 29,47%. Pour la Wallonie et la prison de Forest (Bruxelles), le chiffre est de 34,34%.

Sur base des chiffres connus, il apparait que grosso modo un tiers des agents pénitentiaires, par rapport à l’occupation habituelle, est au travail mercredi matin, après une nuit où la situation a été moins problématique (70,57% d’occupation des postes en Wallonie durant la nuit).

Dans la capitale, le mouvement est bien suivi : à Forest, seuls 5% des agents des quartiers des hommes se sont présentés, et ils étaient 15,38% à Saint-Gilles.

RTBF et VRT

Un piquet de grève d’une trentaine de personnes est organisé à Reyers, siège de la RTBF et la VRT, indiquent des représentants de la CGSP et l’ACOD. “Un certain nombre de personnes sont restées chez elles”, selon le représentant flamand.

Devant la tour des radios et télévisions belges publiques, les membres du piquet de grève (syndicats socialiste et chrétien) informent les gens sur le préavis de grève déposé pour le 21 février et les revendications qui ont poussé à le déposer. L’objectif premier de cette grève de 24h est de faire diminuer l’emploi précaire institutionnalisé, et particulièrement dans les métiers de la production de contenus.

Concernant le fonctionnement de la RTBF ce mercredi, selon les informations disponibles actuellement, “il n’y aura pas d’émission perturbée”, explique Bernard Gabus, pour la CGSP. Les réquisitions ou mobilisations de travailleurs semblent en effet suffisantes au déroulement classique de la journée. Seule “perturbation” : l’indication que les organisations syndicales de la RTBF soutiennent l’action de grève nationale qui doit paraître sur le site, dans les journaux parlés et avant le journal télévisé. “Les syndicats dénoncent les mesures du gouvernement fédéral qui, selon eux, touchent des travailleurs de médias de service public RTBF”, indique le message.

Gr.I. avec Belga – Photos : Belga/Paul-Henry Verlooy et Marie-Noëlle Dinant/BX1

■ Reportage de Marie-Noëlle Dinant et Simon Pacquoret.

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13 février 2019 - 14h20