Grève dans les prisons : “En cinq ans, on ne peut pas tout changer”

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a affirmé jeudi comprendre certaines exigences des syndicats qui ont entamé mercredi soir une action de grève dans les prisons. Le chrétien-démocrate flamand, qui espère que la construction de nouveaux établissements carcéraux à Haren et Termonde pourra être accélérée, souligne toutefois qu’il n’est pas possible de tout changer en une législature.

La CSC et la CGSP en veulent au gouvernement Michel qui a, selon elles, “continuellement coupé dans les budgets de fonctionnement et de personnel des établissements pénitentiaires”. Outre le manque d’effectifs et les lacunes dans les infrastructures, les représentants des travailleurs contestent aussi la mise en œuvre du service minimum. “J’ai parlé lundi avec les syndicats. Je comprends certaines de leurs exigences, mais tout ne peut pas être modifié en cinq ans”, a déclaré M. Geens à la VRT.

Le ministre a par ailleurs rappelé que 500 agents par an avaient été engagés en moyenne au cours des dernières années, tout en reconnaissant que la lutte contre la surpopulation carcérale restait complexe. “C’est notamment dû aux peines plus dures prononcées et au fait que les juges d’instructions sont moins enclins à octroyer la surveillance par bracelet électronique à des personnes qui ne sont pas encore condamnées. Je peux aussi comprendre cela dans le climat actuel”, a-t-il commenté.

Le ministre a conclu en affirmant espérer que les constructions de prisons prévues à Haren et Termonde pourront être accélérées.

Une centaine de militants de la CSC proteste devant le cabinet du ministre Geens

Depuis 10h30 jeudi, une centaine de militants du syndicat chrétien CSC mène une action devant le cabinet du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), situé boulevard de Waterloo à Bruxelles. Leur protestation a lieu dans le cadre de la grève de 24 heures dans toutes les prisons du pays depuis mercredi 22h00.

La grève a été déclenchée par les syndicats chrétien (CSC/ACV) et socialiste (CGSP/ACOD), les deux plus importants au sein du personnel pénitentiaire. Le syndicat libéral SLFP/VSOA n’a pas suivi le mouvement, estimant que le timing, avec un gouvernement en affaires courantes et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, n’est “pas opportun”. Les grévistes déplorent l’absence de concertation sur un ensemble de problématiques, dont la surpopulation carcérale.

Il y a actuellement 10.883 détenus dans les prisons pour 9.215 places”, affirme Frank Conings, de l’ACV. Les syndicats dénoncent par ailleurs la pénurie persistante de personnel et le manque d’infrastructures adéquates.

“Nous demandons depuis longtemps de rendre le job plus attrayant”, ajoute le syndicaliste. “La justice, rendue exsangue par les économies, n’a maintenant plus les moyens de se moderniser.”

Une délégation de l’ACV sera reçue vers midi par le ministre Geens à son cabinet. M. Conings n’attend toutefois pas grand-chose de cette discussion. “C’est un ministre en affaires courantes”, pointe-t-il.

“Avec cette action, nous voulons envoyer un double message: à M. Geens et au prochain gouvernement fédéral.” Alors que la CSC proteste à Bruxelles, des militants de la CGSP ont installé des piquets de grève dans les prisons de Bruges, Hasselt, Turnhout et Audenarde. A 14h00, les deux syndicats organisent une conférence de presse commune au siège de la CGSP à Bruxelles.

Belga – Photo : Eric Lalmand

Début d’une action de grève dans les prisons

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12 décembre 2019 - 11h58