Feu vert du parlement bruxellois à l’ordonnance réorganisant l’aide aux sans-abri

Les députés bruxellois ont donné vendredi soir leur feu vert, à majorité contre opposition, à l’ordonnance qui réorganise la politique d’accueil des sans-abri dans la capitale.

Ce texte concrétise l’engagement à créer un “NewSamusocial“, une association qui passe dans le giron public, en reprenant les missions de l’ancienne asbl Samusocial venant en aide aux personnes en demande d’un hébergement.

Elaborée à l’initiative des ministres Céline Fremault (cdH) et Pascal Smet (sp.a), l’ordonnance prévoit en parallèle de confier la coordination de tous les dispositifs d’aide à une autre structure publique, l’asbl “Bruss’Help“. Celle-ci sera également chargée d’orienter les sans-abri vers les différents services. Elle analysera les causes de ce phénomène en recrudescence à Bruxelles afin de mieux le prévenir.

Le Newsamusocial comme Bruss’Help devront rendre compte de leurs activités, recettes et dépenses.

Les autres services actifs sur le terrain seront reconnus, via un agrément leur ouvrant l’accès à des moyens financiers publics. Cela concerne ceux qui existent de longue date, comme les nouveaux dispositifs d’aide (Housing First, les centres de jour, …).

Logement durable et insertion sociale

Au-delà de l’accueil d’urgence, en particulier en hiver, l’ordonnance aura pour objectif l’accompagnement vers le logement durable et l’insertion sociale dans une ville qui connaît une situation économique, démographique et migratoire particulière.

Pour renforcer l’efficacité de l’accompagnement des sans-abri à travers les différents dispositifs d’aide, le texte encadre l’établissement d’un dossier social pour chaque personne sans hébergement afin de faciliter également la récolte d’informations. Une série de balises sont prévues pour protéger le droit à la vie privée des personnes qui auront communiqué leurs données et qui seront informées de l’usage qui en aura été fait.

Mais cela ne rassure ni les acteurs du secteur, dont plusieurs avaient fait le déplacement au parlement vendredi, ni l’opposition dont une partie en a fait un argument de rejet.

Au sein de celle-ci, Viviane Teitelbaum (MR) a déploré sur la forme les conditions de gestation du texte qui a fait l’objet de nombreux amendements des ministres et de la majorité elle-même en cours de débat en commission, alors qu’il avait fait l’objet d’une longue préparation.

L’élue libérale a décelé plusieurs points positifs sur le fond, mais elle a déploré l’absence d’objectifs précis et chiffrés ainsi que la disproportion selon elle, entre les moyens accordés à l’aide d’urgence et à l’aide à l’insertion.

La rejoignant sur ce point, Alain Maron (Ecolo) a jugé positif que le collège ait pu se mettre d’accord sur un projet d’ordonnance qui reconnaît l’existence de projets d’accueil de jour, et scinde l’accueil d’urgence et la coordination confiés à des organismes publics séparés.

Mais à ses yeux, l’écoute des acteurs et de l’opposition lors des débats en commission s’est révélée très limitée, voire inexistante.

En atteste le maintien de l’instauration d’une base de données alors que personne ne la demande et qu’elle sera redondante avec celle, existante, via les dossiers sociaux des CPAS.

Claire Geraets (PTB) a jugé que Bruxelles aurait pu s’inspirer d’Helsinki qui a pris le pli de ne pas ouvrir de place d’urgence supplémentaire pour se forcer à organiser un accueil structurel digne de ce nom.

Avec Belga

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26 mai 2018 - 11h33
Modifié le 26 mai 2018 - 11h33