Les étudiants forment un “W” de bienvenue aux migrants dans une vingtaine de campus

Le CNCD 11.11.11 et une dizaine d’ONG ont lancé jeudi depuis l’Université libre de Bruxelles (ULB) une campagne qui vise à rendre les établissements d’enseignement supérieur plus hospitaliers envers les migrants. Des groupes sont déjà mobilisés dans plus de la moitié des campus de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

A 13h00, ils ont formé dans chacun de ces campus un “W” pour signifier “welcome” aux réfugiés, demandeurs d’asile, étudiants dans le cadre d’un programme de coopération et sans papiers.

En mai 2017, le CNCD 11.11.11, le Ciré et Amnesty International avaient déjà lancé avec plusieurs autres ONG la campagne “Communes hospitalières”. A ce jour, 28 localités ont voté une motion dans laquelle elles s’engagent à mieux accueillir les migrants au sens large. Les initiateurs du projet ont voulu étendre ce mouvement aux universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts. L’idée est d’informer sur la problématique au sein des campus et d’inviter tous ces établissements à voter une motion qui explicite leur démarche d’hospitalité envers les migrants. Avec l’appui de la Fédération des étudiants francophones (FEF) et des ONG universitaires de coopération au développement, des groupes d’action ont déjà été constitués dans 25 des 41 établissements reconnus de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les quatre universités. “Le contexte actuel est défavorable aux migrants. Les mouvements de population sont aussi énormes qu’après la Seconde Guerre mondiale, et pourtant l’Europe se ferme. Nous trouvons donc important que les citoyens s’engagent“, a expliqué la directrice du Ciré, Sotieta Ngo.

Les campus sont un lieu idéal de sensibilisation, mais aussi d’action car les institutions d’enseignement supérieur peuvent avoir un impact sur la vie des migrants dans l’exercice de chacune de leurs missions, selon les partenaires de la campagne. Ces derniers demandent aux établissements de faciliter l’accès aux études des migrants (informations multilingues, gratuité des examens d’admission et des cours suivis en élève libre, procédure de reconnaissance des diplômes plus souple, etc.), de renforcer l’intégration des migrants pendant leur parcours académique et d’interpeller la société sur leur sort.

En 2016, d’après les chiffres du Ciré, à peine 90 équivalences de diplôme ont été délivrées alors que des milliers de réfugiés ont été accueillis en Belgique. “Dans le monde, seul 1% des réfugiés poursuit des études supérieures. On encourage les universités et Hautes Ecoles à octroyer plus de bourses et de visas étudiants notamment à toutes les personnes qu’on laisse végéter dans des camps, comme en Turquie ou en Grèce, pendant cinq, dix voire quinze ans“, a également pointé un collaborateur d’Amnesty International. Pour y parvenir, l’implication du gouvernement fédéral est nécessaire. Mais les établissements d’enseignement supérieur pourraient se montrer plus proactifs et s’engager à l’avance à accueillir un nombre minimal de chercheurs et étudiants en exil, par exemple. “Beaucoup agissent déjà en faveur des migrants, mais cela ne se sait pas assez. On veut rendre les bonnes pratiques plus visibles“, a conclu Carine Thibaut, responsable Campagne du CNCD 11.11.11. Pour plus d’informations: www.universitehospitaliere.be.

Belga

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01 mars 2018 - 15h37