Les droits humains malmenés en Belgique, selon Amnesty

La Belgique n’a pas suffisamment évalué les conséquences des mesures antiterroristes sur les droits humains, déplore Amnesty International dans son rapport 2017/18 publié jeudi. Il pointe aussi du doigt la politique migratoire du gouvernement et la situation problématique dans les prisons. D’après l’organisation, la Belgique doit pourtant montrer l’exemple alors qu’elle est candidate au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le gouvernement belge a adopté de nombreuses mesures contre le terrorisme et la radicalisation dans la foulée des attentats en Europe, mais il n’a pas suivi ou mesuré leurs répercussions sur les droits humains, analyse Amnesty.

Le rapport prend comme exemple la loi contraignant les travailleurs sociaux à dénoncer des “indices sérieux” d’infraction terroriste. “On touche à des droits fondamentaux comme le secret professionnel, c’est grave“, réagit Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

D’autres mesures ou projets de loi concernent également la liberté d’expression. Nous nous trouvons à la frontière des droits humains, que nous pourrions franchir dans la pratique.

Le responsable d’Amnesty s’interroge notamment sur l’application potentielle des visites domiciliaires pour arrêter une personne en séjour irrégulier. “Il faut trouver le juste équilibre entre respect des droits fondamentaux et défense des citoyens“, prévient-il.

Dans son chapitre consacré à la Belgique, le rapport se montre également critique avec la surpopulation carcérale, “l’état de délabrement” des prisons ainsi que la politique migratoire qui “ne respecte pas les obligations européennes et internationales“.

Mais Amnesty se réjouit de l’implication de mouvements citoyens dans ce débat de société, à l’image de la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés qui vient en aide aux migrants du parc Maximilien à Bruxelles. “C’est capital de voir des citoyens dire: ‘Ca suffit!‘”, ajoute Philippe Hensmans. “Le mouvement touche toutes les couches de la population. Lorsque les Belges peuvent exprimer leur solidarité, ils le font.

Belga.

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22 février 2018 - 08h04
Modifié le 22 février 2018 - 08h04