Crise gouvernementale: une réunion se tiendra ce samedi soir

Le gouvernement se réunira une nouvelle fois à 20h00 au 16 rue de la Loi à propos du Pacte migratoire. Les partenaires doivent s’accorder sur la position belge dans ce dossier qui menace d’emporter la majorité suédoise.

Soutenus par une large majorité parlementaire, le MR, le CD&V et l’Open Vld veulent approuver le Pacte dont l’adoption aura lieu à Marrakech les 10 et 11 décembre. Le Premier ministre, Charles Michel, s’y est engagé le 27 septembre à la tribune des Nations Unies au terme d’un processus décisionnel classique qui a rassemblé les administrations et cabinets ministériels concernés.

La N-VA s’y oppose

Elle n’a pas émis d’objections avant le 27 septembre. Ses ministres ont même marqué leur accord sur la position belge, très favorable, arrêtée le 12 septembre. Mais entretemps, une série de pays européens ont annoncé qu’ils ne soutiendraient pas le Pacte, dont l’Autriche du chancelier conservateur Sebastian Kurz. Les nationalistes ont revu leur jugement: bien que le texte soit non contraignant et affirme la souveraineté des Etats, ils craignent que ses dispositions ne lient à l’avenir la Belgique parce que des juges s’en serviraient pour contrer la politique du gouvernement.

Depuis deux semaines, la N-VA martèle son opposition. Son chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, et le secrétaire d’Etat, Theo Francken, invoquent la valeur sacrée de la souveraineté, “ADN” des nationalistes, face à un ordre international qui déposséderait les Etats de leurs compétences. Les partisans du Pacte insistent au contraire sur la nécessité d’un cadre multilatéral pour mener une politique migratoire efficace et rappellent que les dispositions du Pacte ne sont en rien contraires à la politique belge.

Le parlement demande au gouvernement d’approuver le Pacte migratoire

Jeudi, à la Chambre, le Premier ministre a fait savoir qu’il tiendrait la parole de la Belgique, qu’il irait à Marrakech en vertu d’une résolution exprimant le soutien du parlement au Pacte mais qu’il devait aussi respecter les institutions. Or, il ne dispose pas de consensus au sein de son gouvernement, règle cardinale de fonctionnement d’un exécutif. Cette résolution l’oblige donc… “à titre personnel”, a-t-il ajouté, suscitant l’incompréhension dans l’opposition. Résultat: sous peine de perdre la majorité de rechange qui s’était formée, la résolution a dû être musclée. Le parlement demande donc explicitement au gouvernement d’approuver le Pacte tant controversé. La N-VA a voté contre la résolution, à l’instar du Vlaams Belang et du Parti Populaire.

Belga

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08 décembre 2018 - 13h50