Asile: Theo Francken plaide pour un accord avec les pays du Sud

Deux semaines après un Conseil européen sur les questions migratoires, les ministres de l’Intérieur des 28 sont réunis jeudi à Innsbruck (sud de l’Autriche) pour examiner de nouvelles mesures sur le sujet.

La mise en place de “plateformes de débarquement” dans le nord de l’Afrique des migrants secourus en Méditerranée figure parmi celles-ci. “Si nous avons pu conclure un accord avec la Turquie, cela doit aussi être possible avec des pays du Sud”, a commenté le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken, en prélude à cette réunion informelle.

Les arrivées sur les côtes européennes ont massivement chuté par rapport au pic enregistré à l’automne 2015, mais la question migratoire continue de créer des tensions dans et entre les Etats membres de l’UE, aux priorités parfois contradictoires malgré l’objectif collectif de “renforcer les frontières extérieures”.

Lors du sommet de fin juin, les dirigeants des 28 se sont engagés à “explorer” l’idée de “plateformes de débarquement” hors de l’UE des migrants secourus dans les eaux internationales en Méditerranée.

Mais les pays européens sont divisés sur la faisabilité, la légalité et sur la définition même de ces “plateformes”, que plusieurs pays ont déjà exclu d’accueillir. “Nous devons trouver un pays en Afrique du nord. Je serai la semaine prochaine en Tunisie, nous verrons”, a lancé M. Francken, en insistant sur l’importance d’obtenir un deal rapidement à ce sujet. “Si nous sommes parvenus à conclure, en deux à trois semaines, un accord avec (le président turc) Erdogan, je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible d’en faire de même avec des pays du sud”, a-t-il déclaré.

C’est par une “coopération avec les pays du Sud que nous pouvons trouver les solutions et donc la France proposera qu’une grande réunion ait lieu entre ces pays et l’ensemble des pays de l’UE de manière à permettre qu’une solution commune soit élaborée”, a pour sa part indiqué le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb.

L’Autriche, qui occupe la présidence du Conseil de l’UE, compte elle profiter du consensus européen autour de la nécessité de tarir les arrivées pour promouvoir ses projets radicaux.

Le ministre Herbert Kickl a notamment suggéré qu’à terme il ne soit pratiquement plus possible de demander l’asile depuis le territoire européen, mais seulement depuis des endroits dédiés dans des pays tiers. Vienne suggère aussi de créer des centres hors de l’UE où pourraient être renvoyés les déboutés de l’asile et les migrants économiques, quand il n’est pas possible de les renvoyer dans leurs pays d’origine.

“Est-ce que quelqu’un connaît des pays hors de l’Europe, dans la périphérie de l’Europe, qui seraient prêts à accueillir de tels camps ? Moi je n’en connais pas”, a répondu devant la presse le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos. Les politiques de l’UE sont “basées sur des valeurs et des principes, nous sommes tous liés par la Convention de Genève, c’est ce qui nous guide”, a-t-il ajouté en référence aux obligations internationales relatives aux réfugiés.

BELGA

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12 juillet 2018 - 13h36