Accises et travail de nuit : le gouvernement est à coté de la plaque pour Comeos

Dominique Michel, le patron du représentant de la grande distribution Comeos, est particulièrement critique dans un entretien publié mercredi dans Le Soir, au sujet de l’accord estival du gouvernement fédéral. La hausse des accises sur les sodas, via laquelle “le gouvernement compte lever 75 millions d’euros”, est notamment pointée. “Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il n’obtiendra pas une telle somme de cette mesure”, rétorque Dominique Michel, qui se réfère à un calcul réalisé à la suite d’une hausse des accises sur les alcools fin 2015.

“Le gouvernement prévoyait des rentrées de 212 millions d’euros. En réalité, la taxe n’a rapporté que 51 millions d’euros. Auxquels il faut ajouter le bilan de la hausse des achats transfrontaliers: soit 73 millions d’euros en moins! Bref, la hausse des accises a fait perdre 22 millions d’euros à l’Etat. Et pourtant, nos ministres répètent la même opération sur les sodas! Je ne comprends pas”. “Jusqu’à deux semaines avant l’accord, on nous avait garanti qu’on ne toucherait plus aux accises”, ajoute-t-il, estimant que la fuite des achats belges vers l’étranger est en augmentation. Entre 2015 et 2016, la fuite du commerce physique à l’étranger, uniquement pour les boissons, a grimpé de plus de 22%, assure-t-il. Quant au travail de nuit, autre sujet-clé pour Comeos, Dominique Michel parle d’un “soi-disant accord” qui “n’en est pas un”. “Il libéralise très faiblement le travail de nuit entre minuit et six heures du matin. (…) Entre 20 heures et minuit, rien n’a été assoupli”. “Cette mesure est purement symbolique. Sur le terrain, elle ne servira strictement à rien”, assure-t-il, jugeant que le gouvernement “peut faire une croix” sur les 44 millions qui devraient en découler.

Belga

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06 septembre 2017 - 06h49
Modifié le 06 septembre 2017 - 06h49