À Bruxelles le nombre de ménages augmente plus rapidement que celui des logements

Si globalement en Belgique, le nombre de logements a augmenté plus vite que le nombre de ménages ces 20 dernières années, la tendance est différence à Bruxelles. Ces chiffres sont rapportés par une étude de l’Institut pour un Développement Durable (IDD) publiée mercredi. Ce constat s’explique notamment par la hausse de la proportion d’appartements mais n’a pas entraîné une baisse des prix de l’immobilier. L’institut souhaite que le logement fasse partie des principales thématiques des prochaines élections communales et régionales.

Le nombre de logements en Belgique est passé d’environ 4,4 millions en 1995 à 5,4 millions l’année dernière (+22,1%), et celui des ménages de 4,1 millions à 4,9 millions (+19%), d’après l’étude. Ces augmentations ont par ailleurs été plus marquées en Flandre (+23,5% de logements et +20,5% de ménages) qu’en Wallonie (respectivement 22,1% et 17,4%). A Bruxelles, le nombre de ménages a par contre davantage augmenté que les logements (16,2% contre 15,1%) entre 1995 et 2017.

L’IDD a observé trois phases lors de l’analyse de l’évolution des données ces 20 dernières années. Le nombre de logements a d’abord augmenté plus rapidement que celui des ménages entre 1995 et 2000, avant que cette tendance ne s’inverse jusqu’en 2010, entraînant une “forte pression à la hausse” des prix d’achat et des loyers. Plus récemment, l’augmentation des logements a récupéré son avantage sur les ménages, avec une “baisse relative” de cette pression sur les prix.

La forte progression des logements s’explique entre autres par une demande croissante liée à la hausse du nombre de ménages, les nouvelles constructions mais aussi et surtout l’augmentation des appartements, explique Philippe Defeyt, administrateur de l’IDD. “Cela concerne notamment des appartements d’un certain niveau, destinés aux personnes qui investissent dans l’immobilier pour leurs vieux jours ou qui souhaitent quitter la campagne pour rejoindre la ville”, ajoute-t-il.

La hausse de la demande est néanmoins freinée par les difficultés des jeunes à prendre leur autonomie ou à avoir suffisamment de revenus pour accéder à un bien immobilier.

Les constats de l’IDD n’entraînent toutefois pas une baisse des prix, notamment parce que la demande reste supérieure à l’offre dans certains secteurs. “C’est le cas pour les familles mono-parentales ou les ménages avec de faibles revenus”, précise Philippe Defeyt. “Les loyers semblent toutefois se stabiliser ou augmenter moins rapidement qu’avant.”

L’Institut pour un Développement Durable espère que le logement fera partie des grandes thématiques des prochaines campagnes électorales et que l’étude servira de point de départ pour les futures autorités communales et régionales. “Il faut affiner les statistiques au niveau local”, poursuit Philippe Defeyt. “Les élus locaux doivent vérifier si le stock de logements correspond à la demande.”

BELGA

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11 avril 2018 - 08h09