Une peine de six ans de prison pour avoir involontairement tué un bébé

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, lundi après-midi, un homme âgé de 30 ans à une peine de six ans de prison pour avoir involontairement tué un bébé qui lui avait été confié, le 10 juillet 2017 à Molenbeek-Saint-Jean. Ibrahim, âgé de 10 mois, était décédé du syndrome du bébé secoué.

Le tribunal a conclu, suivant les expertises médicales, que le bébé était décédé “à tout le moins des suites de secouements, même si d’autres lésions ont participé aux causes de la mort”. Lors de son admission à l’hôpital, Ibrahim présentait en effet des ecchymoses buccales, des ecchymoses au visage mais aussi aux bras et aux cuisses. Il souffrait également d’une fracture du crâne. Des blessures que le tribunal qualifie d'”énigmes interpellantes”.

La juridiction a ensuite exposé qu’il était certain, d’après les médecins, que l’enfant n’était pas dans un état comateux avant d’être secoué, ce qui rend non crédibles les explications du prévenu selon lesquelles il a secoué l’enfant parce qu’il était dans un état d’inconscience et qu’il a voulu le réveiller.

Toutefois, le tribunal a estimé qu’il n’était pas établi que le prévenu était animé d’une intention de tuer Ibrahim, comme le soutenait la partie civile, bien qu’il aurait pu connaître les conséquences d’un acte de secouement d’un bébé.

“Faire preuve de violence est injustifiable à l’égard d’un bébé”, relève-t-il. Soulignant que les mensonges du prévenu interpellent quant à sa remise en question, le tribunal a prononcé une peine de six ans d’emprisonnement à l’encontre du coupable, soit un an de plus que la peine requise par le ministère public.

Le 10 juillet 2017, Ibrahim, un petit garçon âgé de 10 mois, était décédé à l’hôpital après que le prévenu, qui le gardait, avait appelé les secours. Le médecin légiste avait conclu que l’enfant était très probablement décédé du syndrome du bébé secoué.

De plus, il avait relevé de nombreuses ecchymoses sur le corps de la victime. Le prévenu, lui, avait déclaré qu’Ibrahim était tombé de son lit, une version qui n’expliquait pas les lésions observées. Il avait ensuite admis qu’il l’avait secoué, affirmant que l’enfant semblait inconscient dans son lit.

Belga

Partager l'article

13 janvier 2020 - 15h52