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Un habitant bruxellois sur trois est de nationalité étrangère (infographies)

En Belgique, une personne sur huit n’a pas la nationalité belge, soit 12,4% de la population. Ces chiffres sont encore plus importants à Bruxelles puisque 35,3% des résidents sont de nationalité étrangère, soit plus d’un tiers.

Il y a un an, le 1er janvier 2020, la Belgique comptait dans sa population : 67,9% de Belges d’origine belge, 19,7% de Belges d’origine étrangère (c’est-à-dire les Belges ayant un ou deux parents de nationalité étrangère ou les Belges dont la première nationalité enregistrée est étrangère) et 12,4% de non-Belges.

Cela représente respectivement 7.806.078 d’habitants belges d’origine belge, 2.259.912 de Belges d’origine étrangère et 1.426.651 de résidents de nationalité étrangère.

Cette diversité, elle augmente en Belgique d’année en année, si l’on en croit les chiffres de 2011. La Belgique comprenait alors 74,3% de Belges d’origine belge, 15,5% de Belges d’origine étrangère et 10,2% de non-Belges.

C’est en tout cas ce qui ressort d’une nouvelle étude statistique sur les origines de la population belge, publiée ce mercredi par Statbel. “La Belgique est un pays d’une grande diversité et cette diversité s’accroît. La demande de chiffres sur la diversité de la population augmente d’année en année, tant dans le monde académique que chez les décideurs politiques”, indique Statbel dans son rapport.

Tous les détails de l’étude sont à retrouver ici

Une diversité encore plus grande à Bruxelles

Cette représentation de la diversité varie toutefois fortement d’une Région à une autre, du moins entre la Région bruxelloise et le reste du pays.

À Bruxelles, la part des personnes ayant gardé leur nationalité étrangère atteint 35,3% alors qu’elle se situe à 10,4% en Wallonie et 9,3% en Flandre.

Pour Andrea Rea, sociologue de l’immigration à l’ULB, cette diversité qui s’accroit plus rapidement dans la capitale s’explique par deux phénomènes. Tout d’abord, le taux de reconnaissance du statut de réfugié pour les demandeurs d’asile a drastiquement augmenté entre 2015 et 2017. “La plupart de ces réfugiés ont décidé de rester dans la capitale”.

Ensuite, le professeur rappelle que Bruxelles est une ville d’opportunités, de décisions politiques et logistiques. Plusieurs institutions européennes s’y sont installées. “La ville attire beaucoup de personnes hautement qualifiées qui ont décidé pour la plupart de garder leur nationalité car elles ne sont parfois là que pour un temps, pour un mandat européen par exemple”.

L’arrivée de ces personnes qualifiées génère également la venue de personnes très peu qualifiées d’origine étrangère. “Souvent, ces personnes hautement qualifiées arrivent en couple. Les deux partenaires travaillent, il faut donc quelqu’un pour le travail ‘à domicile’, c’est-à-dire l’entretien de la maison. Pareil dans les institutions européennes, plus il y a de bureaux, plus il faut nettoyer. Et le plus souvent, le personnel chargé de l’entretien et des réparations est d’origine étrangère.”

  • → Belge d’origine belge : une personne sur quatre en Région bruxelloise, contre 3/4 en Région flamande et 2/3 en Belgique.
  • → Belge d’origine étrangère : une personne sur cinq en Belgique. Ce pourcentage est plus faible en Flandre avec 14,1%. Il grimpe à 23,2% en Wallonie et atteint 39,1% en Région de Bruxelles-Capitale.
  • → Non-Belges : 10% environ en Flandre et en Wallonie, contre 35,3% à Bruxelles.

Au niveau communal

C’est à Watermael-Boitsfort qu’on retrouve le plus de Belges d’origine belge proportionnellement au nombre d’habitants dans la commune, avec 53%. C’est ensuite à Auderghem avec 45%. C’est également à Watermael, à égalité avec Berchem-Sainte-Agathe, que la proportion de non-Belges est la moins importante avec 20%.

A l’inverse, la part de Belges d’origine belge est la moins importante parmi la population tennoodoise (Saint-Josse). Molenbeek se trouve en seconde position, si l’on calcule toujours proportionnellement au nombre d’habitants dans chaque commune.

C’est enfin à Ixelles, Etterbeek et Saint-Gilles qu’on retrouve le plus de personnes de nationalités étrangères par rapport au nombre d’habitants dans ces communes. Cette observation s’explique notamment par la présence des institutions européennes dans les alentours, selon Andrea Rea.

Les chiffres fournis par Statbel montre par ailleurs que la part de Belges d’origine belge augmente avec l’âge en Belgique. C’est-à-dire qu’on retrouve plus de Belges d’origine belge chez les personnes plus âgées que dans le reste de la population. 87,3% chez les plus de 65 ans, contre 66,3% chez les 18-64 ans et 54,3% chez les 0-17 ans.

Les nationalités les plus représentées chez nous

La nationalité d’origine la plus fréquente en Belgique, l’an dernier, était la nationalité marocaine. Les Italiens, les Français, les Néerlandais, les Turcs et les Roumains suivent. Il y a dix ans, les Italiens étaient plus nombreux que les Marocains.

Le constat est pratiquement le même à Bruxelles où l’on retrouve d’abord les Marocains, suivis des Français et enfin des Italiens.

Parmi les Belges d’origine étrangère ou les non-Belges, c’est dans la capitale que l’on retrouve le plus d’habitants dont la nationalité d’origine est extérieure à l’Union Européenne : 60,7% contre 56,9% en Flandre et 37,4% en Wallonie. A contrario, il y a moins de personnes issues d’un pays limitrophe parmi eux : 13,7% contre 20,5% au niveau national.

En Flandre, les personnes d’origine néerlandaise sont plus présentes, puis marocaine, puis turque. Et en Wallonie : ce sont d’abord les Italiens, suivis des Français et des Marocains.

Aurélie Vanwelde – Image d’illustration : Belga

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13 janvier 2021 - 17h30
Modifié le 14 janvier 2021 - 07h49