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Nos rencontres : Emanuela Stella, quand le désir d’enfant est plus fort que tout

Emanuela a 44 ans. Elle travaille comme indépendante dans l’événementiel. A 38 ans, son désir d’enfant se réveille. Avec son époux, elle se lance dans le parcours de la procréation médicalement assistée. Rencontre.

Emanuela est mariée depuis longtemps avec son partenaire mais le désir d’enfant n’est arrivé assez tardivement. A 38 ans, assez rapidement, elle tombe enceinte. Mais à 5 mois de grossesse, elle sent d’importantes douleurs. Une infection s’est produite. Finalement, elle perd son enfant. Après trois mois, elle retombe enceinte. Mais après le premier trimestre, elle apprend qu’elle a 4 chances sur 5 d’avoir un enfant trisomique. Malheureusement, le test est positif. Pour Emanuela et son mari, il faut interrompre la grossesse.

Il a fallu ensuite un peu de temps pour le couple avant de se relancer dans l’aventure. Seulement, le temps passe. Le gynécologue propose que si à 40 ans, Emanuela n’est pas enceinte, il faudra passer par une procréation médicalement assistée.

Le parcours de la PMA

C’est donc ce qui se passe. Avant ses 43 ans, elle a droit à 6 fécondations in vitro remboursées par la sécurité sociale. Après plusieurs tentatives de fécondation in vitro, une fonctionne. Un embryon se fixe mais à 4 mois de grossesse, lors d’un contrôle classique, le médecin ne trouve plus de rythme cardiaque. Emanuela a 41 ans à ce moment. Les échecs commencent à l’éprouver moralement. Elle est sous le choc, en colère contre l’injustice, la tristesse profonde et après vient le temps de l’acceptation. Elle décide alors de recommencer. Elle reprend les injections d’hormones, les prélèvements d’ovocytes, les fécondations, les implantations. Finalement, cela fonctionne. Tout se passe bien. Quand elle le sent bouger, elle se dit que tout va aller.

Vu son parcours, les médecins lui proposent de faire un cerclage du col de l’utérus afin d’éviter les infections. L’acte doit se faire sous anesthésie générale. Juste avant, il faut faire une échographie de contrôle. Et là, c’est la douche froide. Il n’y a plus d’activité cardiaque. Après des heures d’attente, elle accouche à nouveau d’un enfant sans vie.

Il lui reste une possibilité d’implantation. Quelques jours avant son 43e anniversaire, la dernière tentative fonctionne. Elle est suivie comme une grossesse à haut risque. Finalement, tout se passe bien mais pendant toute la grossesse, elle angoisse. Chaque contrôle est une source de peur. Le 24 février 2020, elle donne naissance à Agostino.

Ne jamais douter

A aucun moment de son parcours de PMA, elle pense arrêter. Elle écoute son corps, son envie et aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix. Elle a fait beaucoup de méditation pour tenter d’évacuer son stress. Elle a aussi été suivie psychologiquement par une personne spécialisée en deuil périnatal.

Cette thérapie, elle l’a faite avec son mari. La douleur du conjoint peut parfois être mise de côté mais elle est réelle également même si elle n’est pas vécue dans la chair.

Aujourd’hui, toute la famille se porte bien, mais Emanuela regrette de ne pas avoir fait congeler ses ovocytes plus jeunes et d’avoir laissé filer le temps. Elle voudrait dire à toutes les jeunes femmes qui ne veulent pas d’enfant avant trente ans, de congeler leurs ovocytes afin d’avoir plus de chance quand le désir de maternité verra le jour.

Malgré toutes ses épreuves, aujourd’hui, elle aimerait avoir un deuxième enfant. En janvier, elle voudrait se relancer dans l’aventure. Il lui reste deux embryons. Alors pourquoi ne pas essayer ?

Vanessa Lhuillier

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18 décembre 2020 - 16h06
Modifié le 19 décembre 2020 - 11h51