Syrie: l’accord avec Ankara sera mis en oeuvre “par étape”

L’accord conclu avec la Turquie pour établir une zone de sécurité dans le nord-est syrien sera mis en oeuvre “par étape” et les premières opérations commenceront “rapidement”, a indiqué mercredi le Pentagone. “Nous sommes actuellement en train d’examiner avec nos homologues turcs les options pour la création d’un centre d’opérations conjointes”, a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère américain de la Défense, le commandant Sean Robertson.
“Le mécanisme de sécurité sera mis en oeuvre par étape”, a-t-il ajouté. “Les Etats-Unis sont prêts à entamer certaines activités rapidement, tout en poursuivant les discussions avec la Turquie”.
Aux termes d’un accord conclu la semaine dernière entre Ankara et Washington à l’issue de difficiles négociations, ce “centre d’opérations conjointes”, qui sera situé en Turquie, vise à coordonner la mise en place d’une “zone de sécurité” dans le nord de la Syrie.
Cette zone vise concrètement à insérer un tampon entre la frontière turque et des territoires contrôlés par une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les Etats-Unis, mais qualifiée de “terroriste” par la Turquie.
L’ex-patron des forces américaines en Syrie, Joseph Votel, s’est élevé publiquement contre le contrôle par Ankara d’une telle “zone de sécurité”.
Dans une tribune publiée lundi par le magazine The National Interest, l’ex-général Votel, qui a dirigé le commandement central de l’armée américaine (Centcom) jusqu’en mars dernier, estime que si elle était contrôlée par la Turquie, une telle zone de sécurité “créerait plus de problèmes pour toutes les parties concernées”.
“Les zones de sécurité sont généralement établies pour protéger les populations dans les zones de conflit et sont habituellement conçues pour être neutres, démilitarisées et focalisées sur des objectifs humanitaires”, écrit le général Votel, aujourd’hui à la retraite, dans cette tribune co-signée par une experte de la Turquie à l’université George Washington, Gönül Tol.
“Imposer une zone de sécurité de 20 miles (30 km, ndlr) à l’est de l’Euphrate aurait l’effet contraire: déplacer probablement plus de 90% de la population kurde syrienne, exacerber ce qui est déjà une situation humanitaire très difficile et créer les conditions d’une conflit aggravé qui exigera un déploiement militaire prolongé”, ajoute-t-il.

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15 août 2019 - 04h20