Les portes de la mode s'ouvrent progressivement aux rondes

Le plus souvent ignorées du monde de la mode et des défilés, les femmes avec des formes poussent peu à peu les portes de quelques grandes maisons et font leur apparition sur les podiums, soutenues par l’avènement des réseaux sociaux. C’est par le biais d’Instagram qu’Iskra Lawrence, mannequin britannique de 26 ans qui affiche une taille 42-44, a accédé à la notoriété, devenant un modèle demandé. Avec ses quatre millions d’abonnés, elle est aujourd’hui l’égérie de la ligne américaine de lingerie Aerie, créée par la marque de prêt-à-porter American Eagle, et a défilé lors de la semaine de la mode de New York. Elle savoure ce succès, conquis de haute lutte.

Elle se souvient qu’il y a six ans, un agent londonien lui avait rit au nez en lui assurant qu’elle ne travaillerait jamais à New York. Désormais reconnue, Iskra Lawrence entend utiliser sa célébrité pour lutter contre le diktat de la mode qui impose des standards inatteignables pour la plupart des femmes.

Aux Etats-Unis, Ashley Graham et sa taille 48 est devenue, ces deux dernières années, quasiment l’égale des mannequins superstars telles Kendall Jenner ou Gigi Hadid. En février 2016, elle a été la première femme ronde à apparaître en Une du spécial maillots de bain du magazine américain Sports Illustrated, une institution. Un an plus tard, le designer Michael Kors l’a faite défiler à New York, une apparition encore extrêmement rare pour un grand nom de la mode.

Autre signe d’une évolution, plusieurs grandes figures du show-business, les chanteuses Adèle ou Beyoncé ou les actrices Amy Schumer et Melissa McCarthy, voire la championne de tennis Serena Williams, portent fièrement leurs courbes. Et la semaine dernière, les géants du luxe Kering et LVMH, représentant des grands noms comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres.

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11 septembre 2017 - 14h57