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Les géants du café doivent prouver qu’ils respectent les droits humains et l’environnement

Les géants de l’industrie du café ne s’assurent pas suffisamment du respect des normes relatives aux droits humains et de l’environnement, selon le sixième Baromètre du café publié jeudi par les organisations Conservation International, Hivos, Oxfam Belgique, Solidaridad et Ethos Agriculture. Ils doivent en outre rendre compte de manière plus transparente de leurs engagements pris en termes de durabilité. Le rapport démontre que 15 des principaux négociants et torréfacteurs du monde ne contribuent pas de manière significative aux principaux objectifs de développement durable qui permettraient d’améliorer les moyens de subsistance des producteurs et de préserver l’environnement. Il signale également que la transparence fait toujours défaut au niveau de la production, du commerce et de la consommation.
Certaines entreprises ont mis en place des politiques globales mais les ONG estiment que de nombreux grands négociants et torréfacteurs mentionnés dans le rapport doivent encore clarifier leurs engagements ainsi que les progrès réalisés.
“Les grandes entreprises du secteur du café doivent prouver que leurs chaînes d’approvisionnement sont exemptes de violations des droits humains, ne pratiquent pas la déforestation et qu’elles investissent dans l’augmentation des revenus des agriculteurs, l’amélioration des normes de travail et l’adaptation au changement climatique”, insiste le responsable du programme café d’Oxfam Belgique, Stefaan Calmeyn.
Les bénéfices que tirent les petits cultivateurs de la production mondiale de café demeurent dérisoires année après année, rappellent les associations. De nombreux caféiculteurs vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ils sont par conséquent incapables d’investir dans leur exploitation et sont contraints de réduire leurs coûts, en particulier ceux liés à la main-d’œuvre et à la préservation de l’environnement.
“Le Baromètre montre à quel point le contraste est frappant avec les milliards de dollars tirés de la consommation mondiale de café, des bénéfices qui profitent essentiellement aux États-Unis et à l’Europe”, ajoutent les organisations.
Le Baromètre 2020 du café appelle les acteurs de l’industrie à se mobiliser. “Toutes les grandes entreprises du café, qui pèsent des milliards de dollars, ont la capacité d’influencer les politiques mondiales et de mettre en place des accords de durabilité”, concluent Oxfam Belgique et les différentes associations. “Pour qu’une plus grande partie de la valeur générée par l’industrie du café parvienne aux mains des caféiculteurs, les initiatives multipartites doivent faire l’objet d’engagements contraignants, de mécanismes qui prouvent les progrès réalisés sur le terrain et de budgets suffisants.”

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14 janvier 2021 - 00h39