Le Royaume-Uni alourdit les peines pour les auteurs d’actes terroristes

Le gouvernement britannique a annoncé mardi des mesures aggravant les peines pour les auteurs d’actes terroristes et interdisant leur libération anticipée, un durcissement promis après l’attaque au couteau de London Bridge fin novembre. Ce projet de loi antiterroriste doit être déposé prochainement au Parlement, où les conservateurs au pouvoir disposent d’une très large majorité.
“Le nouveau projet de loi obligera les terroristes les plus dangereux à purger l’ensemble de leur peine et s’assurera que ceux qui sont condamnés pour des infractions graves passent obligatoirement et au minimum 14 ans en prison”, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
En outre, le budget alloué à la lutte anti-terroriste devrait passer à 906 millions de livres (1,06 milliard d’euros) pour la période 2020/2021, soit une augmentation de plus de 100 millions d’euros par rapport à l’année précédente.
Le gouvernement prévoit aussi d’octroyer “immédiatement” 500.000 livres supplémentaires (586.000 euros) à l’unité chargée d’aider les victimes d’attentats.
Le texte prête aussi une grande attention à la prévention de la récidive, promettant de doubler le nombre d’agents de probation afin que “les autorités puissent surveiller au plus près les terroristes, dans les semaines qui suivent leur libération”.
Ce durcissement de la législation avait été promis fin novembre par le Premier ministre conservateur Boris Johnson, alors en pleine campagne électorale, après une attaque au couteau qui a fait deux morts à Londres, perpétrée par un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine.
“L’attaque terroriste insensée de novembre nous a confronté à la dure vérité sur la façon dont nous traitions les terroristes”, a déclaré la ministre de l’Intérieur Priti Patel, citée dans le communiqué.
La famille d’une des deux victimes avait déclaré que le jeune homme, qui travaillait dans la réhabilitation des prisonniers, “ne voudrait pas que cet événement terrible et isolé soit utilisé comme prétexte par le gouvernement pour introduire des peines encore plus draconiennes ou pour maintenir en prison des gens plus longtemps que nécessaire”.

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21 janvier 2020 - 04h42