Grèce et Macédoine jamais aussi proches d’une réconciliation

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev est convaincu que son pays n’a jamais été aussi proche d’une résolution de son conflit avec la Grèce, ajoutant toutefois qu’un échec ne serait “pas la fin du monde”. “Je crois que nous n’avons jamais eu de meilleures circonstances pour aboutir à une solution complète (…), qui durera toujours”, a déclaré vendredi soir Zoran Zaev dans un entretien avec l’AFP. Mais “si ce différend n’est pas résolu, ce ne sera pas la fin du monde”, “nous poursuivrons notre programme européen d’une manière ou d’une autre”, a ajouté le responsable.

Candidate depuis 2005, la Macédoine a obtenu cette semaine une recommandation de la Commission européenne pour une ouverture inconditionnelle des négociations d’adhésion à l’UE. Tout comme l’intégration à l’Otan, celle-ci se heurte au différend vieux d’un quart de siècle avec la Grèce, qui dénie à son petit voisin le droit de s’appeler “Macédoine”, considérant qu’il s’agit là du nom de sa province septentrionale. Elle lui dispute également son héritage historique, notamment ceux des rois antiques Alexandre Le Grand et Philippe de Macédoine que les deux pays revendiquent.

Si le pays est reconnu sous le nom de Macédoine par Washington, Moscou ou encore Pékin, il siège à l’ONU et est désigné par l’UE comme ARYM (FYROM en anglais), pour Ancienne République yougoslave de Macédoine. Mais avec l’arrivée au pouvoir à Skopje de Zoran Zaev à la place du nationaliste Nikola Gruevski, il y a un peu moins d’un an, Athènes et Skopje ont relancé leurs discussions. Les Macédoniens ont accepté de débaptiser leur autoroute et leur aéroport “Alexandre Le Grand”. Les deux parties discutent d’un nouveau nom, celui de “Haute-Macédoine” (“Gorna Makedonija”) étant notamment évoqué, Athènes réclamant qu’il soit validé par un changement constitutionnel.

Tout en affirmant qu'”une immense partie de la question” a déjà été résolue, Zoran Zaev a refusé de donner plus de détails sur les négociations, expliquant que “cela pourrait détruire complètement le processus”. Ces pourparlers se heurtent à l’opposition de franges nationalistes de l’opinion dans les deux pays.

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21 avril 2018 - 14h25