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Embargo sur les armes en Libye: Frontex et Irini renforcent leur coopération

L’agence de surveillance des frontières de l’UE, Frontex, et l’opération navale européenne Irini ont annoncé lundi avoir récemment signé un accord visant à renforcer leur coopération, entre autres en vue d’un meilleur échange d’informations sur les navires marchands suspectés de violer l’embargo sur l’exportation d’armes vers la Libye. L’agence Frontex et l’opération Irini, qui a succédé à Sophia le 31 mars dernier, vont échanger leurs analyses et bonnes pratiques, mais aussi se coordonner sur le plan tactique et coordonner leurs usages d’images satellites. “Les deux organisations vont se soutenir mutuellement avec comme cible principale la criminalité transfrontières”, indique un communiqué d’Irini, publié lundi.

La signature de l’accord, lors d’une cérémonie virtuelle, a eu lieu vendredi dernier.

La coopération devrait faciliter la collecte d’éléments “requis pour mener des opérations d’interdiction maritime et des inspections à bord des navires suspects”, ajoute Irini. Dans un communiqué séparé, Frontex précise qu’elle partagera avec Irini “des informations recueillies dans le cadre de ses activités d’analyse du risque, comme la surveillance de navires en haute mer, et les données de sa surveillance aérienne en Méditerranée centrale”.

Contrairement à Sophia, qui visait également le trafic de migrants, l’opération Irini est principalement destinée à faire respecter l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à la Libye. Elle dispose de moyens aériens, satellites et maritimes, et peut mener en haute mer, au large des côtes libyennes, des inspections de navires soupçonnés de transporter des armes ou du matériel connexe à destination ou en provenance de la Libye. Accessoirement, Irini prend part à la formation des garde-côtes libyens et de la marine libyenne en vue d’opérations répressives en mer.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités s’y disputent le pouvoir, sur fond d’implications étrangères: le Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli, reconnu par l’ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est. Le GNA est soutenu par la Turquie, tandis que le camp Haftar est appuyé par les Émirats arabes unis, la Russie et l’Égypte.

En septembre dernier, la Représentante spéciale par intérim du Secrétaire général de l’ONU en Libye avait alerté sur la poursuite à grande échelle de violations de l’embargo sur les armes. Dans les deux camps, les ravitaillements des forces militaires par des puissances étrangères continuent, avait-elle dénoncé. La “présence à grande échelle de mercenaires et agents étrangers” dans le conflit achève également de pourrir la situation, ajoutait-elle.

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18 janvier 2021 - 17h45