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Près de 150 personnes manifestent à Bruxelles pour le droit de grève et de manifester

Environ 150 personnes ont manifesté jeudi midi, place de la Liberté à Bruxelles, pour défendre le droit de grève et de manifester, selon l’estimation de la police de Bruxelles-Ixelles. Cette action a eu lieu dans le cadre de différentes mobilisations de la FGTB en Belgique consécutives à la condamnation récente de 17 militants du syndicat socialiste à des peines avec sursis pour “entrave méchante à la circulation” lors d’un blocage d’autoroute au viaduc de Cheratte en 2015.

Les militants avaient allumé 17 torches en solidarité avec les 17 personnes condamnées. Ils avaient étendu plusieurs banderoles avec des messages comme “Solidarité” et “Pour le droit de grève et de manifester”. Une délégation de la CSC était présente au rassemblement. Le slogan “Solidarité avec nos délégués” a été scandé par la foule. Malgré les différents rappels des règles sanitaires sur des pancartes, la distanciation sociale était peu respectée.

Revoir notre débat dans Versus : Le droit de grève est-il en danger ?

Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB de Bruxelles, a ouvert les discours en relevant que “les droits de grève et d’actions collectives ne sont pas des acquis. Nous devrons toujours les défendre car ils dérangent et se confrontent aux intérêts économiques. Jamais nous ne mènerons nos combats en portant un simple brassard rouge et en allant docilement travailler, même si certains en rêvent, car ce jour-là tout espoir serait définitivement perdu pour ceux que nous représentons”.

“La conséquence de politiques menées ces dernières années”

Le président du syndicat Thierry Bodson, lui-même visé par la décision judiciaire de fin novembre, estime que ce jugement “est la conséquence d’une série de politiques menées dans les années précédentes et principalement par le gouvernement de Charles Michel. (…) Nous sommes montés sur le pont alors que la circulation était déjà bloquée depuis plus d’une heure… On a essayé de nous en mettre sur le dos, en nous disant responsables du décès d’une personne d’origine danoise, mais la chose a été jugée et nous avons été disculpés. On a essayé de nous mettre sur le dos les dégâts causés au pont”.

C’est un représentant de la Ligue des Droits humains qui a refermé la mobilisation en cette journée internationale des droits humains. La LDH remarque que, dans un arrêt de 2003 relatif à un blocage d’autoroute en Autriche, la Cour de justice de l’Union européenne avait estimé que la liberté de circulation doit être mise en balance avec l’intérêt des manifestants à attirer l’attention de l’opinion publique. La ligue déplore que l’article 406 du code pénal belge, qui sanctionne l’entrave méchante de la circulation, ait été mobilisé contre le droit de grève. Elle demande en conséquence à ce qu’il soit revu pour éviter que la situation ne se répète à l’avenir.

■ Interview du président de la FGTB Thierry Bodson par Belga Video.

Avec Belga – Photo : Belga/Maarten Weynants

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10 décembre 2020 - 15h19
Modifié le 10 décembre 2020 - 15h19