“Je ne tiendrai jamais jusqu’à 67 ans” : les travailleurs ont défilé dans Bruxelles pour leur pension

Entre 55.000 et 70.000 personnes ont manifesté mercredi à Bruxelles pour défendre les pensions et protester contre les réformes du gouvernement fédéral. La manifestation s’est déroulée sans incident, a indiqué la police de Bruxelles. Plusieurs services publics ont également été perturbés dans toute la Belgique à l’appel du front commun syndical, notamment les transports en commun.

Munis de pancartes plaidant pour des pensions “justes” et au rythme des pétards, les manifestants ont quitté les alentours de la gare du Nord vers 11h00 pour entamer leur marche à travers les rues de Bruxelles. Le cortège a emprunté les boulevards Albert II, Botanique, Pachéco, de l’Impératrice, de l’Empereur avant de descendre la rue des Alexiens et de rejoindre le boulevard Lemonnier jusqu’à la gare du Midi. La manifestation a pris fin à 14h.

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Plusieurs animations étaient organisées le long du parcours et à la gare du Midi. Devant la tour des Finances, les manifestants ont notamment lancé des avions en papier pour symboliser “les droits des travailleurs qui s’envolent”. Lors de leur marche, les syndicats ont dénoncé le projet de pension à points, qui “génère de l’incertitude” pour les travailleurs, et la “paupérisation croissante” des pensionnés. Ils réclament également une véritable reconnaissance de la pénibilité des carrières professionnelles. “Nous voulons un système de pensions digne et suffisant pour vivre, pas travailler plus pour gagner moins”, explique Marie-Helene Ska, secrétaire générale de la CSC. “Cette marche est aussi un message envoyé aux employeurs, qui n’acceptent de prendre en compte la pénibilité que sur des points très précis. Ils doivent s’exprimer en faveur des travailleurs.”

“Stop au massacre”

La mobilisation de ce mercredi est d’ailleurs la preuve de la détermination d’un mouvement qui ne faiblira pas, prévient Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB. “Le gouvernement ne doit pas y rester sourd, sous peine d’approfondir le gouffre entre le monde politique et les citoyens. Il a pris l’habitude de s’en prendre aux plus faibles, aux chômeurs, aux malades et aux pensionnés. Stop au massacre!”

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De nombreux secteurs publics ont été touchés par la participation des travailleurs à la manifestation. Près de 10.000 enseignants se trouvaient notamment dans les rues de Bruxelles et certaines écoles ont été impactées, même si toutes celles de la fédération Wallonie-Bruxelles ont fonctionné “plus ou moins correctement”, indique Eugène Ernst de la CSC Enseignement. L’ensemble des syndicats de l’enseignement, tant néerlandophones que francophones, avaient introduit un préavis de grève pour ce mercredi afin de permettre à leurs affiliés de participer à la marche.

Chez bpost, la distribution des journaux s’est déroulée normalement mais moins de courrier et de colis sont arrivés aux centres de distribution en raison de l’absence d’une partie du personnel. En Flandre, 96% des tournées ont été assurées mercredi matin, pour 88% à Bruxelles et 76% en Wallonie. Le ramassage des sacs poubelles et les transports en commun ont également été perturbés à Bruxelles, tout comme les services de transport des sociétés régionales De Lijn et TEC. Les trains ont eux circulé normalement car les cheminots ne participaient pas à la manifestation. (avec Belga)

■ Reportage de Martin Caulier et Charles Carpreau.

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16 mai 2018 - 17h49