Marche de solidarité contre les violences faites aux travailleurs du sexe ce lundi

Ce lundi, UTSOPI, l’association belge pour les droits des travailleurs du sexe, ainsi que les organisations Espace P et Alias, marcheront à l’occasion de la quinzième Journée internationale contre les violence faites aux travailleurs du sexe. Pour la première fois, la police bruxelloise participera aussi. 

L’association souhaite attirer l’attention sur les nombreux cas d’injustice vécus par les travailleurs du sexe dans notre pays.

Dans une lettre ouverte conjointe avec les organisations humanitaires Alias et Espace P, UTSOPI indique que “que les violences et injustices vécues par les TDS ne sont pas inhérentes à la pratique du métier mais davantage des conséquences directes du stigma et des conditions dans lesquelles s’exerce l’activité du travail du sexe.”

UTSOPI note, depuis trois ans, “sur le terrain une dégradation et une précarisation croissante des conditions de travail des TDS. Une grande partie de la classe politique n’a qu’un objectif : faire disparaître les TDS de l’espace public, les invisibiliser. Les TDS sont effaçé.e.s du discours et de l’intérêt politique.”

L’organisation fait principalement référence à la répression dans le quartier de l’Alhambra, qui constitue une réponse politique à la gentrification du quartier. “Emmené.e.s au poste les TDS sont amené.e.s à payer une amende de 100 euros sous menace de détention prolongée ou de poursuites judiciaire. Ainsi en avril dernier des TDS du quartier ont porté plainte contre la police pour extorsion.”

Le désordre dans le quartier du Nord est également un gros problème. Le samedi 24 novembre dernier une TDS qui s’est fait agresser dans sa vitrine, a dû attendre trois heures et demie avant l’arrivée de la police.

La mort de la jeune travailleuse du sexe nigériane, Eunice, dans le quartier est également une conséquence indirecte des mauvaises relations avec la police. “Les discriminations et stigmatisations des TDS mélangées à une oppression légalisée de leur travail, rend en effet la plainte au commissariat inaccessible ou jugée vaine par beaucoup de TDS”, constate UTSOPI.

La marche débutera à 13h15 au Square de Meeûs (Quartier Européen) à 1000 Bruxelles. Pour renforcer les revendications d’UTOPI, des membres de la brigade des mœurs bruxelloise, dirigés par la commissaire Karine Minnen, se joindront également à la marche ce lundi.

A.V.

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17 décembre 2018 - 08h15