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Manifestation devant le siège de la FEB : les travailleurs de la CP100 risquent de ne pas voir leur salaire indexé

Plusieurs dizaines de militants affiliés à la FGTB et la CSC ont manifesté mardi matin devant le siège de la Fédération des Entreprises de Belgique, rue Ravenstein à Bruxelles.

Leur point commun? Ils tombent sous la commission paritaire 100, soit celle du secteur auxiliaire pour ouvriers, qui représente 18.000 personnes, mais réparties dans 6.000 entreprises. Œuvrant principalement dans des PME, leurs leviers de négociations sont faibles et ces travailleurs doivent remettre leur sort au bon vouloir des fédérations patronales, explique Arnaud Levêque (FGTB).

Les négociations 2019-2020 sont aujourd’hui à l’arrêt, et les travailleurs de la CP 100 risquent dès lors de ne pas voir leur salaire indexé. “Les négociations sont bloquées, nous n’avons plus de mandat pour négocier des miettes”, rapporte M. Levêque.

Contrairement à la plupart des ouvriers qui tombent sous les commissions paritaires sectorielles plus larges (Horeca, métallurgie…), ceux des la CP 100 n’ont par exemple pas de garantie d’indexation des salaires réels – celle-ci devant être négociée tous les deux ans -, de primes pour travail à horaire inconfortable (week-end, soirée, petit matin…), etc. Le gain “des acquis sociaux dépend de la bonne volonté des employeurs”, souligne M. Levêque.

Et plus globalement, les syndicats déplorent que le carcan actuel de la concertation sociale, dont la loi sur les salaires de 1996, bloque les petits secteurs, moins aptes à se fédérer pour faire entendre leurs revendications, poursuit Frans Dirix pour la CSC.

Une délégation syndicale reçue mardi matin

Une délégation syndicale a été reçue en matinée au siège de la Fédération des entreprises où elle a eu “un échange franc” d’une grosse demi-heure avec des représentants de la FEB, de l’Union des Classes moyennes (UCM) et de l’Unizo.

L’échange de vues n’a pas fait bouger les lignes, le patronat faisant toujours référence à la norme salariale “pour ne pas aller trop vite dans les négociations sectorielles”, selon la FGTB, et le front commun syndical lui rappelant “qu’en suivant cette stratégie-là, ce sont les travailleurs des petits secteurs qui sont les plus sanctionnés”.

Les négociations devraient cependant reprendre, même si aucune date de nouvelle rencontre n’avait encore été fixée en fin de matinée. “Et si l’on n’est pas entendu cette fois-ci, on reviendra jusqu’à ce qu’on ait des conditions de travail qu’on juge acceptables”, promet le syndicat socialiste.

Belga – Photo : Google Street View

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08 octobre 2019 - 11h48
Modifié le 08 octobre 2019 - 12h29