L’acquittement requis pour un policier prévenu de coups sur un adolescent

L’avocate générale Estelle Arpigny a requis, vendredi, devant la cour d’appel de Bruxelles, l’acquittement d’un inspecteur de la zone de police Bruxelles-Ouest, prévenu pour avoir violenté un adolescent en 2013. Moad T., alors âgé de 14 ans, avait été interpellé par cinq policiers dans le quartier Osseghem à Molenbeek-Saint-Jean. Ses parents estiment qu’il a été molesté sans raison. Les policiers, eux, avaient expliqué que Moad s’était rebellé et qu’ils avaient été contraints d’user de la force pour le maîtriser.

La violence était raisonnable et proportionnée, j’en veux pour preuve les auditions des médecins qui ont examiné Moad T.“, a exposé l’avocate générale Estelle Arpigny. “Je requiers l’acquittement car le prévenu n’a pas agi autrement qu’avec la mesure strictement nécessaire. Il n’y a aucune lésion symptomatique de violence disproportionnée qui a été relevée“, a-t-elle précisé.

Pour les parents de Moad T., constitués partie civile, leur fils a été interpellé sans aucune raison valable et a été victime de coups non justifiés de la part des policiers. “Moad n’a jamais eu, ni avant ni après les faits, de problèmes avec la justice. Et je rappelle qu’au final, après avoir été interpellé, il n’a fait l’objet d’aucune poursuite, d’aucune inculpation“, a plaidé l’avocat des parents, Vincent Lurquin. “Comment expliquer qu’il a fallu qu’ils soient à cinq pour maîtriser un gosse qui, à l’époque, ne mesurait pas plus d’un mètre cinquante? Les médecins relèvent tout de même des lésions à la tempe et à la joue qui témoignent de coups violents dont on ne comprend toujours pas le pourquoi, sans parler d’une trace de semelle sur le visage. A ce moment-là, il y a eu un dérapage! Et notre propos n’est pas plus large que cela, celui de dire que ce dérapage doit être sanctionné“, a plaidé l’avocat. “Nous demandons la confirmation du jugement prononcé en première instance, pas tant au niveau de la peine, mais du fait de la culpabilité“, a-t-il conclu.

Le 11 janvier 2013, Moad avait été interpellé par des policiers dans le quartier Osseghem, alors qu’il revenait de l’école et rentrait chez lui en courant. Les policiers avaient expliqué leur intervention par le fait que le jeune homme avait été vu en compagnie d’un individu suspecté de vol et qu’il s’était rebellé. En première instance, le tribunal correctionnel avait acquitté quatre des cinq policiers prévenus et avait condamné le dernier à trois mois de prison avec sursis pour usage disproportionné de la force. Ce dernier avait ensuite fait appel. La partie civile avait à son tour fait appel contre lui, mais aussi contre ses quatre collègues sur le plan civil uniquement. L’arrêt sera prononcé le 21 septembre prochain à 9h00.

Belga

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15 juin 2018 - 18h37