Polémique à l’IHECS : des étudiants jugent les propos d’un conférencier sexistes et racistes

IHECS - Google Street View

Un cours de « Formes musicales » donné voici deux mois à l’IHECS à des étudiants de deuxième année fait aujourd’hui scandale : des militants réunis au sein du « Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations » estiment que ce cours donné par Michel Demeuldre, professeur invité au sein de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles, a offert un contenu sexiste, raciste et humiliant à des étudiants de l’IHECS.

Durant ce cours, diffusé durant plusieurs jours sur Internet mais aujourd’hui disparu, Michel Demeuldre évoque notamment lors de ce cours le souvenir de sa compagne rwandaise. Il affirme d’abord que cele-ci « était Tutsi et donc avait une bonne éducation des pasteurs qui conduisent les vaches ». Un premier cliché qui choque l’association. Celle-ci pointe un autre extrait « teinté d’un sexisme et d’un racisme conscient ou inconscient patents ». Voici ce que l’ancien professeur de sociohistoire des musiques du monde de l’ULB raconte : « Du côté rwandais (…) et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : la façon de faire jouir les femmes au Rwanda (…) vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien tirer… les jeunes filles se tirent les lèvres pour que ça soit bien proéminent et facile à faire ».

Le « Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations » demande ainsi que l’IHECS prenne « une position claire et publique quant à cet incident ». Le collectif termine son communiqué par deux hashtags qui ont proliféré sur les réseaux sociaux à propos de la sexualisation des femmes afro-descendantes : #JeNeSuisPasTaNégresse et #ImNotYourSexToy (Je ne suis pas ton sex-toy, en anglais).

Toutefois, cette position n’est visiblement pas soutenue par tous les étudiants de l’IHECS. Une centaine d’entre eux ont signé une lettre ouverte pour prendre la défense du professeur. « Nous ne prétendons pas juger de la légalité de ces propos mais nous estimons que, même s’ils étaient déplacés, les propos tenus par Mr. Demeuldre n’incitaient ni à la haine, ni à la discrimination ou au sexisme », affirment ces étudiants. « Sans pour autant banaliser ses propos, nous estimons que le but de Mr. Demeuldre était de transmettre son expérience – certes, assez maladroitement – et non dénigrer une culture qu’il semble profondément respecter ».

Les étudiants regrettent « l’ampleur que cette joute interne a pris tout autant que nous regrettons le fait qu’elle ait parfois entrainé des réactions et commentaires mal interprétés ».

L’IHECS, pour sa part, n’a pas souhaité réagir à cette polémique. Le professeur Michel Demeuldre s’est pour sa part excusé pour ses propos : « Mon intention n’était certainement pas de blesser quiconque avec ces propos », affirme-t-il à la RTBF. (Gr.I. avec A.J., photo Google Street View)

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13 juin 2017 - 19h50