L’opération “Vigilant Guardian” devient plus dynamique, moins de militaires en rue

L’armée a entrepris de réorganiser son dispositif d’un millier d’hommes et de femmes engagés dans l’opération de sécurité intérieure “Vigilant Guardian” (OVG) pour le rendre “plus dynamique” en économisant ainsi de 200 à 250 fonctions, ce qui permettra aux militaires de consacrer davantage de temps à l’entraînement, a indiqué jeudi un haut responsable militaire.

OVG, lancée en janvier 2015 pour venir en renfort aux polices fédérale et locale après des attentats commis à Paris et le démantèlement d’une cellule terroriste à Verviers, mobilise actuellement de l’ordre de 1.250 militaires, avec une pointe à plus de 1.800 durant plusieurs mois l’an dernier quand le niveau d’alerte avait été rehaussé au niveau 4, le plus élevé. Ce chiffre comprend aussi la centaine de personnes engagées dans l’opération “Spring Guardian” (OSG) de sécurisation des sites nucléaires.
Mais cette opération commence à peser sur la vie familiale et sociale des troupes – principalement de la composante Terre, dont certains membres sont absents de leur foyer durant 200 jours par an, a admis jeudi le capitaine de vaisseau Carl Gillis, qui dirige la division opérations de l’état-major de la Défense, lors d’un point de presse à Bruxelles.

Un nouveau concept d’opération
L’armée a donc, avec l’aval du Conseil national de sécurité (présidé par le Premier ministre Charles Michel), élaboré un nouveau concept d’opération, qui devrait entrer en vigueur début octobre, après une période de test entamée le 15 septembre. Le nouveau dispositif “optimisé” sera plus mobile, avec des groupes de militaires plus “robustes” – des équipes de quatre à huit (l’équivalent dans ce cas d’une section d’infanterie), contre des binômes dans la plupart des cas actuellement – pour renforcer les “effets”, a précisé le commandant Gillis.
Ces changements doivent notamment contribuer à réduire la vulnérabilité des militaires en rue après qu’ils eurent été impliqués dans deux incidents. Le dernier remonte au 25 août, quand deux d’entre eux avaient été attaqués au couteau en plein centre de Bruxelles. L’agresseur, un Belge d’origine somalienne, avait été abattu par les militaires, avant de décéder ses suites de ses blessures par balles. Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué cette attaque. Le 20 juin, un militaire avait abattu, en respectant les “règles d’engagement” (les conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leur arme) en vigueur, selon le parquet fédéral, un Marocain de 36 ans. Oussama Zariouh avait tenté de faire exploser une valise dans la gare de Bruxelles-Central, provoquant deux “petites” explosions.

Selon le commandant Gillis, d’autres modifications ont aussi été apportées au dispositif d’OVG, comme la fusion des détachements chargés de la protection de l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem avec celui de la capitale. La même rationalisation a été appliquée à Charleroi, avec l’aéroport de Gosselies. La réserve sera aussi réorganisée, a ajouté l’officier. Toutes ces mesures permettront de réduire les effectifs au niveau 3 à un millier d’hommes. Cela permettra aux unités, principalement de la composante Terre, de regagner des possibilités de s’entraîner davantage et de “regagner de l’opérationnalité”, selon le commandant Gillis. En juillet dernier, le chef de la Défense (Chod), le général Marc Compernol, s’était inquiété des “effets néfastes” de la présence des militaires en rues sur l’opérationnalité de l’armée. “Ce n’est pas notre mission (première), on le fait parce que le gouvernement nous le demande (d’appuyer la police fédérale, ndlr), avait affirmé le “patron” de l’armée à quelques journalistes.

 

Belga

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21 septembre 2017 - 13h52