Les syndicats estiment que la police n’est pas assez préparée avant la visite de Donald Trump

Les syndicats ont visité vendredi matin le site où doit avoir lieu le 17 mai l’entraînement spécial des policiers en vue de la visite du président américain Donald Trump le 24 mai, a indiqué vendredi Frédéric Fortunato, permanent SNPS. Faute de documents dont l’analyse de risques et le relevé d’amiante qui doivent encore leur être fournis, ils remettront leur avis lundi.

L’entraînement est prévu sur le plateau du Heysel, plus précisément à l’ancien Palais 9, à l’ancien hôtel Ibis, et au village Bruparck. Il doit mobiliser quelques centaines de policiers de Gand, d’Anvers, de PolBru et la police fédérale. Il vise entre autres à répondre aux problèmes de coordination entre les différentes unités.

Si la zone de PolBru jouit d’une grande expérience en la matière, les précédentes manifestations d’ampleur ont montré qu’il fallait mieux coordonner leur déploiement, et ce dès le haut de la chaîne de commandement. Sur base de cette seule visite, les syndicats ont constaté qu’une partie des lieux posait question, notamment à cause de la présence de débris de verre.

Selon Frédéric Fortunato, le chef de corps de la zone Bruxelles-Ixelles leur a indiqué qu’un avis défavorable entraînerait directement l’annulation de cet entraînement spécial. Entre 50 et 80 pelotons d’environ 40 policiers chacun seront engagés pour la visite du président américain. Elle s’accompagne de nombreuses manifestations contre sa politique, où la présence de groupuscules déjà connus pour avoir fait de la casse a été signalée. La visite du président turc Recep Erdogan au même moment est aussi susceptible de mobiliser en rue des contestataires. Le sommet de l’Otan réunira également les chefs d’Etat à Bruxelles les 24 et 25 mai.

« On trouve que c’est un exercice parapluie qui arrive 4 jours avant les premières manifestations contre Trump« , estime Frédéric Fortunato. « Le stand de la Défense a été fermé entre autres à cause des retours de munitions, celui de Woluwe vient d’être fermé et le nouveau grand stand de tir rue Royale ne peut pas être utilisé depuis 3 ans. Rien qu’à PolBru, 60% du personnel n’est pas en ordre pour les sessions d’entraînement de tir et les autres unités sont moins rodées à l’exercice. Il y a aussi des problèmes de matériel. Les unité fédérales sont en train de recevoir des véhicules, mais ils sont pour 6 personnes, ce qui ne correspond à aucune composition de la police ».

Le permanent syndical explique qu’il sera difficile pour les policiers de gérer correctement l’ensemble des événements connexes à ces visites de chefs d’Etat et que cela met en lumière une carence de longue date. « Trump n’est aucunement en danger. Des unités spéciales vont s’occuper de sa sécurité. Elles sont rodées et parmi les meilleures au monde. L’endroit le plus sûr sera entre lui et son épouse. Mais, dans les différentes manifestations autour, ce ne sera pas la même chose. Les syndicats représentent les policiers et se doivent de prendre leur défense. On soulève ces problèmes d’entraînement depuis longtemps, sans avancée, et donc on profite de la venue de Trump pour les dénoncer. » (avec Belga – photo BX1)

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12 mai 2017 - 17h47