Le professeur de religion islamique critiqué pour sa vision “progressiste” a été licencié

Hicham Abdel Gawad

Le 30 juin dernier, nous vous évoquions le dossier d’Hicham Abdel Gawad, un professeur de religion islamique critiqué par un inspecteur en charge du degré supérieur pour sa vision “progressiste” de la religion et les sujets évoqués durant son cours. L’homme, déjà auteur d’un livre “Les questions que se posent les jeunes sur l’islam”, affirme avoir été mis sous pression car il souhaitait aborder des sujets comme l’homosexualité ou la philosophie de Platon lors de ses cours.

Finalement, le couperet est tombé jeudi dernier : Hicham Abdel Gawad a confirmé son licenciement sans préavis. “Ma carrière de professeur de religion islamique s’arrête donc officiellement à partir de ce jour-ci”, confirme-t-il sur les réseaux sociaux. “En revanche, mon engagement envers les jeunes ainsi que la lutte pour l’émergence d’un islam digne du 21ème siècle, un islam dont le croire dépend du savoir et non l’inverse, cet engagement je le maintiendrai jusqu’au bout et quoi qu’il arrive.

Si sa carrière dans l’enseignement se termine donc, le désormais ex-professeur de religion islamique ne compte pas arrêter là son combat. Bien que l’enseignement de la religion islamique dans les écoles soit dans un état lamentable : absence de programme, absence de supports, absence de manuels, absence de formation et absence de conseillers pédagogiques dûment diplômés, sans oublier les cas de discrimination de la part de chefs d’établissement à l’endroit des élèves qui n’ont pas cédé aux pressions (directes et indirectes) dans le choix de leur cours philosophique, bien que cet enseignement soit comme je l’ai dit dans un état lamentable”, explique-t-il, l’esprit critique, ouvert, bienveillant et vivace des centaines de jeunes musulmans que j’ai eu l’honneur de côtoyer, aussi bien en discrimination positive qu’ailleurs, cet esprit-là est l’esprit de demain qui, je n’en doute pas, rattrapera largement les esprits d’hier qui n’ont pas fini de tirer sur la corde carriériste d’une institution qui ne représente qu’elle-même”.

  • Reportage de Sabine Ringelheim et Nicolas Scheenaerts.

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17 juillet 2017 - 08h37