Le ministre Marcourt tend la main à l’exécutif des musulmans de Belgique

marcourtLe ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), a tendu la main mardi à l’exécutif des musulmans de Belgique (EMB) afin de mettre fin au blocage autour du lancement de l’Institut de promotion des formations sur l’islam, un outil jugé central contre le fondamentalisme et l’émergence à terme d’un islam de Belgique.

 

« Je comprends les inquiétudes exprimées par le président de l’exécutif des musulmans de Belgique quant aux modalités décisionnelles actuellement prévues dans le décret », a indiqué mardi le ministre en commission du Parlement de la Fédération où il était interrogé sur le sujet. « Les choses ne sont pas figées et si des aménagements doivent être apportés pour rassurer les uns et les autres, je les relaierai bien volontiers », a-t-il répondu aux questions de plusieurs députés. Fin avril, l’EMB avait demandé des « clarifications » et des « garanties » avant de désigner ses représentants au sein du comité de direction de l’institut, bloquant ainsi de facto sa mise sur pied. L’exécutif y redoute notamment une prise de décision prévue à la majorité, alors que le décret ne lui accorde que trois sièges sur une dizaine, les autres sièges étant occupés par des académiques et des représentants du monde politique. L’EMB souhaite également que le futur directeur/trice soit de confession musulmane. Pour apaiser la première crainte, M. Marcourt a indiqué mardi que le comité de gestion de l’Institut pourrait établir un règlement d’ordre intérieur précisant que le « consensus » en matière décisionnelle doit être « privilégié » et « qu’aucune décision importante ne puisse être prise contre une des composantes du comité de direction ». Quant à la désignation du futur directeur/trice, la loi, a rappelé le ministre, interdit de fixer quelque condition de confession ou de sexe pour le poste. Le comité de direction ne pourra se baser uniquement que sur les compétences des personnes, mais pourra s’assurer « par exemple, que la langue arabe soit maîtrisée au sein de l’équipe », a-t-il ajouté. Pour dénouer la situation, le chef de cabinet de M. Marcourt a déjà rencontré l’EMB « afin de leur apporter les clarifications demandées et la garantie que le culte islamique sera un interlocuteur plein et entier au sein de l’Institut, dans le respect de la séparation de l’Etat et des religions », a encore précisé le ministre. Celui-ci a appelé les parties à retrouver l’esprit de « consensus » qui avait marqué le début des travaux pour la mise sur pied de l’Institut. « Nous espérons que l’exécutif pourra nous communiquer rapidement les noms de ses représentants (au comité de direction, ndlr) pour permettre l’installation de l’Institut. Il est maintenant temps de passer à la phase de concrétisation. C’est d’elle que jailliront les éventuelles adaptations utiles », a conclu le ministre. (Belga)

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09 mai 2017 - 12h06