Le Conseil des femmes sensibilise à la protection du droit à l’avortement en Belgique francophone

A l’approche de l’anniversaire de la loi sur la dépénalisation de l’avortement en Belgique du 3 avril 1990, le Conseil des Femmes francophones de Belgique (CFFB) mène mercredi une journée de sensibilisation sur la défense du droit à l’avortement. Le slogan de leur campagne « Maman si je veux, quand je veux, comme je veux !  » a été repris avec un dessin d’une botte de persil sur des pins distribués par de petits groupes de femmes en matinée à la gare de Liège-Guillemins ainsi qu’à la gare et sur le campus de Louvain-la-Neuve. A Bruxelles, ces distributions ont lieu à partir de 12H30 porte Louise et à partir de 17H00 à la gare centrale.

Les tiges de persil, symbole de la campagne, continuent à être utilisées en Amérique latine pour les avortements clandestins. Les volontaires mobilisés ont sensibilisé les passants aux reculs qui se manifestent à travers des voix conservatrices. La présidente du CFFB Viviane Teiltelbaum, présente à la distribution porte Louise à Bruxelles, estime que l’accueil du public a été très positif: « Des législations comme celle sur l’établissement d’un acte de naissance pour les enfants nés sans vie – qui est dans le timeline mais qui n’est heureusement pas encore votée – sont des menaces au droit à l’avortement.

Face aux velléités de légiférer actuelles, nous demandons au Conseil d’Etat de sortir enfin l’avortement du code pénal et d’en faire une loi de santé publique« . Il a été expliqué aux passants que la proposition adoptée à la Chambre en février, en permettant la reconnaissance paternelle à tout moment de la grossesse, ouvre une brèche qui pourrait permettre aux pères de s’opposer à un avortement. Le CFFB a aussi relevé en mars les positionnements contre l’avortement et l’homosexualité dans le cadre d’un enseignement de Stéphane Mercier, chargé de cours en philosophie à l’Université catholique de Louvain. Ce dernier a été suspendu par les autorités académiques. L’association rappelle encore que des menaces et reculs sur le droit à l’avortement se manifestent aujourd’hui en différentes partie du monde et que chaque année plus de 40.000 femmes meurent lors d’avortements clandestins et plus de 7 millions de femmes souffrent de séquelles graves.

REPORTAGE de Michel Geyer et de Yannick Vangansbeek

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29 mars 2017 - 17h38