Kazakhgate : Claude Guéant a envoyé une note manuscrite mentionnant le travail d’Armand De Decker

L’ancien ministre de l’Intérieur sous Nicolas Sarkozy Claude Guéant a envoyé, en août 2011, une carte manuscrite mentionnant le « magnifique travail » d’Armand De Decker dans le dossier de naturalisation de Patokh Chodiev et de deux autres ressortissants kazakhs, indiquent Le Vif/L’Express et le Standaard mercredi.

Ce carton, à en-tête du ministère de l’Intérieur français, est adressé à un conseiller diplomatique à l’Elysée. « Cher Damien, j’ai eu A. De Decker au téléphone. C’est vrai que lui et son équipe ont fait un magnifique travail qui ne peut que servir les intérêts de la France… Mon souci maintenant est très prosaïque: c’est que les avocats qui ont travaillé pour Chodiev soient maintenant rémunérés… Pouvez-vous toucher ou faire toucher Chodiev ? Amitiés, CG », y écrit-il. Cette pièce, versée au dossier français, ne se trouve pas au dossier belge car elle est entrée après la commission rogatoire de la justice belge à Paris de mai 2016, souligne Le Vif/L’Express. Elle atteste donc formellement de l’implication de l’ancien ministre dans le dossier du Kazakhgate.

« Il devient, avec les documents mis au jour chaque semaine par la presse mais surtout avec ce manuscrit explicite, vraiment difficile pour les principaux acteurs de ce dossier de nier encore les évidences et le caractère scandaleux de cette immixtion française dans les affaires publiques belges« , a réagi le député Ecolo Georges Gilkinet, qui fait partie de la commission d’enquête. Le président de cette commission, le socialiste flamand Dirk Van der Maelen, a estimé mercredi matin sur La Première (RTBF) être face à « une affaire d’Etat » consistant à « faire une loi sur mesure pour trois criminels« . « Grâce aux fuites dans la presse, on est en route pour pouvoir prouver cela« , a-t-il souligné. « J’espère que le passage de Claude Guéant (à la commission d’enquête) nous permettra d’avoir une meilleure vue sur ce qui s’est passé. » Quant à l’implication du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders – alors ministre des Finances – « jusqu’à présent ce n’est pas encore prouvé, mais il y a des indices, et c’est le devoir de la commission de les regarder de plus près« , a encore commenté M. Van der Maelen. (Belga)

Reportage – Niels Daggeleer et Julie Martin

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03 mai 2017 - 15h29