Fête de l’Iris : des discours politiques sous le signe des tensions communautaires

La Région bruxelloise fête son 28ème anniversaire. Ce matin, place aux discours des autorités régionales.

En tant qu’espace stratégique où francophones et néerlandophones font la preuve d’une coopération active dans l’administration au profit de tous, Bruxelles ne devra jamais être le « symbole funeste » d’un déchirement des Communautés, a affirmé samedi le président du parlement bruxellois et ex-ministre-président de la Région-capitale, Charles Picqué, à l’ouverture de la Fête de l’Iris.

« J’aurais préféré faire l’économie de sujets institutionnels belgo-belges à une époque qui impose d’autres priorités », a dit M. Picqué, devant un parterre de personnalités, faisant allusion aux sorties du président de la N-VA Bart De Wever, et du chef de file du groupe N-VA au parlement Bruxellois, Johan Van den Driessche, en faveur d’une gestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie.

Pour le président du parlement bruxellois, la Région bruxelloise est un élément majeur de l’équilibre institutionnel du pays, un espace où francophones et néerlandophones administrent au quotidien « la preuve d’une coopération active au service d’objectifs communs et d’intérêt général ». Concédant qu’il y avait bien de temps en temps « un abcès communautaire passager », Charles Picqué a jugé que « Bruxelles ne devra jamais être le symbole funeste d’un déchirement de nos identités qui ont intérêt à se mêler harmonieusement plutôt que de s’opposer ». « Allons-nous donner à Bruxelles, ville multiculturelle, synonyme du projet européen, l’image lugubre de la ségrégation ? Car enfin, donner aux Bruxellois un statut social, fiscal différencié selon leur appartenance linguistique est tout à fait contraire au souci de cohésion et d’égalité citoyenne dans une même cité », a-t-il insisté.

Pour Charles Picqué, si certains veulent avancer dans une nouvelle réforme institutionnelle à leur avantage, ce ne sera pas en négociant une marche arrière imposée aux autres. « Et s’il prenait à certains l’idée de paralyser notre région de l’intérieur, on entrerait dans un tout autre monde, imprévisible où le fondement même de la pacification communautaire serait remis en cause », a-t-il averti. (Belga)

REPORTAGE de Jean-Michel Herbint et de Jennifer Fuks

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06 mai 2017 - 14h34