Visa à une famille syrienne: les avocats de la famille expriment leur déception et fustigent l'attitude de l'Etat

Les avocats de la famille syrienne finalement déboutée devant le Conseil du contentieux des étrangers ont exprimé lundi leur déception. La juridiction de recours a pris une décision de nature essentiellement technique qui empêchera un jugement sur le fond de l’affaire, ont-ils regretté. L’octroi d’un visa humanitaire à cette famille en Syrie a pris les allures d’une saga politique, médiatique et judiciaire. La Cour d’appel de Bruxelles a condamné début décembre l’Etat belge à exécuter une décision du Conseil du contentieux du 20 octobre qui imposait aux autorités de délivrer des visas ou laissez-passer aux membres de cette famille qui tentait de fuir Alep. Cette condamnation, immédiatement exécutoire, était assortie d’une astreinte de 1.000 euros par jour de retard et par membre de la famille.

Le secrétaire d’Etat à l’Asile, Theo Francken, avait immédiatement signifié son refus d’appliquer l’arrêt malgré les astreintes. Le gouvernement a ensuite noyé l’affaire sous les procédures judiciaires. Il a obtenu gain de cause début mars devant la Cour de justice européenne sur l’un des aspects du dossier.

Le Conseil du contentieux a finalement refusé de donner le visa, a-t-on appris lundi.

« Dans ce dossier, nous avons pu constater qu’au final peu importe ce qu’un tribunal décide. Si le contenu d’une décision ne correspond pas à la volonté d’un secrétaire d’Etat, cette décision n’aura en réalité aucune valeur », ont expliqué les avocats Olivier Stein et Mieke Van den Broeck, dénonçant au passage les « mensonges » et la « campagne de dénigrement » dont leurs clients ont fait l’objet. « Twitter a plus de portée que les lois de notre pays », ont-ils ajouté.

Selon eux, une question demeure: « Comment peut-on éviter que ceux qui sont en danger de mort n’en viennent à risquer leur vie en mer en faisant appel à des passeurs? « 

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27 mars 2017 - 17h55