Venezuela: le principal opposant inéligible pour 15 ans et écarté de la présidentielle

Le principal opposant au président socialiste vénézuelien Nicolas Maduro, Henrique Capriles, a été déclaré inéligible pour 15 ans vendredi, ce qui l’écarte de fait de la prochaine élection en 2018. L’organisme public chargé de contrôler l’action des fonctionnaires lui a « imposé une sanction d’inéligibilité pour des mandats publics pour une période de 15 ans », pour cause d' »irrégularités administratives » en tant que gouverneur de l’Etat de Miranda. Henrique Capriles a la possibilité de faire appel dans les 15 jours devant la « Contraloria », l’instance qui lui a infligé cette sanction, ou dans les six mois devant la Cour suprême. L’opposition accuse ces deux organismes de servir le pouvoir. Une fois ces recours épuisés, il devra abandonner son poste de gouverneur. L’opposant et ancien candidat à la présidentielle en 2013, âgé de 44 ans, a indiqué vendredi en conférence de presse: « Ce n’est pas mon combat, mais celui de tous les Vénézuéliens ! (…) Nous allons défendre notre Constitution et notre pays ! »
« Inéligibilité de @hcapriles a un seul objectif: la dictature veut choisir son opposition. Va-t-on se laisser faire ? Et bien non. Demain on continue! », avait écrit un peu plus tôt sur Twitter le vice-président du Parlement et opposant Freddy Guevara.
La tension était déjà vive au Vénézuela avant cette annonce, et une nouvelle manifestation est prévue samedi à l’appel des antichavistes (du nom de l’ancien président Hugo Chavez, 1999-2013). Jeudi, quelque 10.000 opposants ont défilé contre le pouvoir dans la capitale et à ses abords. Des échauffourées les ont opposés à la police, un jeune homme de 19 ans a été tué.
La situation s’est enflammée ces derniers jours quand la Cour suprême, réputée proche du président Maduro, s’est brièvement arrogée les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé international qui l’a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard. L’opposition, réunie dans une vaste coalition, la MUD (Table pour l’unité démocratique), crie à la tentative de coup d’Etat et veut faire pression en mobilisant la population, étranglée par la crise économique.
Hormis le Parlement, le chavisme contrôle toutes les institutions au Venezuela. Et depuis janvier 2016, la Cour suprême a réussi à faire annuler toutes les décisions du pouvoir législatif.

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08 avril 2017 - 03h15