Un film sur les Casques blancs syriens nominé aux Oscars, "fierté" des secouristes

Les Casques blancs se sont dit « fiers » mardi après la nomination aux Oscars d’un documentaire retraçant leur travail de secouristes risquant leur vie pour sauver des civils dans les zones contrôlées par les rebelles en Syrie. « Le documentaire sur les Casques blancs produit par Netflix a été nominé pour (un) Oscar! Je suis tellement fier d’avoir tourné ce film et de cette nomination », a écrit sur Twitter Khaled Khatib, photographe au sein de ce groupe qui rassemble quelque 3.000 secouristes volontaires et bénévoles.

« Les Casques blancs », réalisé par Orlando von Einsiedel, a été choisi mardi pour concourir aux Oscars le 26 février à Los Angeles dans la catégorie meilleur court métrage documentaire.

« C’est une nouvelle opportunité pour faire passer (notre) message moral et humanitaire », a affirmé à l’AFP le chef du groupe Raed Saleh. La nomination aux Oscars « va nous aider à atteindre notre objectif et notre slogan: Qui sauve une vie sauve toute l’Humanité », a-t-il ajouté. Cette devise est tirée d’un verset du Coran mais les Casques blancs insistent sur la neutralité des volontaires qui volent selon eux au secours de toutes les victimes, indépendamment de leur religion.

Le groupe, pressenti pour recevoir le prix Nobel de la paix l’an dernier, est sorti de l’anonymat grâce à des vidéos poignantes relayées sur les réseaux sociaux montrant ses secouristes, casques sur la tête, se ruer vers des lieux bombardés pour extraire des survivants, notamment des enfants, des décombres d’immeubles détruits.

Le groupe a vu le jour en 2013, deux ans après les manifestations pacifiques prodémocratie réprimées dans le sang par le régime de Bachar al-Assad qui ont marqué le début du conflit syrien, et n’opère que dans les zones sous contrôle de l’opposition armée.

Ses détracteurs, partisans du régime de Damas ou de la Russie, l’accusent d’être une marionnette aux mains des donateurs internationaux.
Mais ces critiques restent minimes par rapport aux soutiens dont bénéficient ces volontaires, récompensés en septembre par le prix suédois Right Livelihood, qui se veut un « Nobel alternatif », et dont le jury a loué « leur courage exceptionnel, leur compassion et leur engagement humanitaire ». Depuis 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 310.000 morts et déplacé des millions de personnes en près de six ans.

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25 janvier 2017 - 07h45