Un court métrage sur l'extrémisme couronné au festival du film en Arabie

Un court métrage consacré à l’extrémisme religieux, responsable de violences au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde, a remporté le grand prix du festival du film en Arabie saoudite, ont annoncé dimanche les organisateurs. Tourné dans un aéroport du royaume et dans un avion, le film “Départs” raconte l’histoire de deux passagers qui, sans se connaître, découvrent qu’ils voulaient se donner la mort, l’un en se faisant exploser en kamikaze jihadiste, l’autre en se suicidant en raison d’une maladie incurable.
Un Syrien basé en Arabie saoudite, Mohammed al-Qass, qui a incarné le deuxième personnage, a été désigné meilleur acteur, a indiqué à l’AFP Ahmed Al-Mulla, le directeur du festival.
Ce film de 25 minutes d’Abdel Aziz al-Shalahei figurait parmi 58 courts métrages de réalisateurs saoudiens, dont 12 femmes, qui étaient en compétition lors du festival, dont la 4e édition de cinq jours s’est achevée samedi soir.
Le festival a été organisé par l’Association de Dammam (est) pour la culture et l’art dans un royaume où il n’y a pas de salles de cinéma. Les projections ont eu lieu sous une grande tente.
M. Mulla est optimiste pour l’avenir: “Nous espérons avoir bientôt des salles de cinéma”, a-t-il déclaré à l’AFP, précisant que “le festival évolue avec le développement (de la qualité) des films” projetés.
Dans le cadre de leur ambitieux plan de réformes économiques et sociales à l’horizon 2030, les autorités saoudiennes tentent prudemment de promouvoir des spectacles et d’autres formes de divertissements dans le royaume malgré l’opposition des milieux religieux ultra-conservateurs.
Depuis un an, des Saoudiens ont ainsi pu assister à une représentation du groupe de théâtre de New York iLuminate, au festival de pop-art Comic-Con et à un combat de catch organisé par une entreprise américaine de divertissement.
En janvier, le mufti du royaume s’est toutefois insurgé contre la possible ouverture de salles de cinéma et la tenue de concerts, affirmant qu’elles seraient sources de “dépravation”.

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03 avril 2017 - 08h30