Un chef américain offre un menu tout cannabis

Depuis deux ans, Christopher Sayegh a trouvé comment pimenter ses recettes et élever son art culinaire: ce chef californien de 24 ans sert des menus entièrement cuisinés au cannabis. Surfant sur la vague de la légalisation de l’usage récréatif du cannabis, le jeune chef veut démocratiser l’art culinaire à la marijuana, qu’il intègre à la cuisine gastronomique qu’il a apprise dans des restaurants étoilés de New York et de Californie. « J’essaye de donner une expérience cérébrale aux gens », explique Sayegh à l’AFP, depuis son entreprise The Herbal Chef, basée à Los Angeles. « Mais je suis aussi prudent dans la façon dont je les accompagne dans ce voyage », assure-t-il.

Il s’est lancé dans l’univers du cannabis comestible alors que beaucoup d’entrepreneurs cherchent à capitaliser sur la marijuana en Californie. Une aubaine dans un Etat appelé à voter en novembre sur la légalisation du cannabis récréatif pour les 21 ans et plus. Ce rêve culinaire de Christopher Sayegh date de l’université, où il a d’abord étudié la biologie moléculaire avant de renoncer pour poursuivre son véritable projet. Sa persévérance a fini par payer: il a créé son entreprise de cuisine cannabique à Los Angeles en 2014, et depuis, l’activité de The Herbal Chef n’a cessé de croître, assure-t-il, sans divulguer ses résultats.

Pour l’instant, Sayegh ne peut servir ses plats qu’aux détenteurs d’une carte de marijuana médicale. Il espère que cela changera en novembre. En attendant, ses onéreux menus, allant de 300 à 500 dollars par tête, sont exclusivement créés pour faire vivre aux clients une expérience garantie 100% « immersive », pas seulement pour « être stone », insiste le jeune chef. « Je change littéralement la chimie du cerveau à mesure que les gens mangent mes plats », s’enthousiasme le cuisinier en manipulant des seringues garnies d’extrait de cannabis qu’il incorpore ensuite dans sa cuisine. « Au bout du troisième plat on sent un peu, au quatrième un peu plus et au bout du cinquième, on est au bout du voyage ». « C’est comme une symphonie », dit-il, « je dois faire attention à ce que les plats correspondent à la montée, et inversement pour la descente ».

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03 août 2016 - 08h56