Un ancien Premier ministre tunisien lance son parti

L’ancien chef de gouvernement tunisien Mehdi Jomaa a annoncé mercredi la création de son propre parti, à l’approche d’échéances électorales, affichant l’ambition de devenir l’une des principales forces politiques du pays. Al Badil Ettounsi (l’alternative tunisienne, en arabe) est une formation « modérée, réaliste, patriote et surtout démocrate », a déclaré M. Jomaa lors d’une conférence de presse.
L’ancien chef du gouvernement dit de technocrates, aux affaires de janvier 2014 à février 2015, a expliqué son retour sur la scène politique par la situation « difficile » et « fragile » du pays, caractérisée selon lui par un « manque de vision politique et économique ».
« Notre ambition aujourd’hui est d’être une force politique capable (de provoquer) des changements et nous serons au rendez-vous à toutes les échéances électorales », a dit M. Jomaa, en se disant « convaincu » que son parti se transformera en « un acteur principal » de la scène politique.
Parmi les membres de cette nouvelle formation figurent d’anciens ministres comme celui de l’Equipement Hédi Larbi et l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Mustapha Kamel Nabli.
Ingénieur de formation, M. Jomaa a dirigé un gouvernement formé suite à un « dialogue national » pour sortir le pays d’une profonde crise politique, après les assassinats de deux opposants de gauche en 2013. Il succédait au cabinet de la « troïka » mené par les islamistes d’Ennahdha.
Après les législatives d’octobre 2014 et la victoire du parti Nidaa Tounès, il a été remplacé par l’indépendant Habib Essid, auquel a succédé l’actuel gouvernement de Youssef Chahed.
Âgé de 53 ans et père de cinq enfants, M. Jomaa n’a jamais été actif en politique sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de janvier 2011.
Avant de former son parti, il avait créé un think-tank. Son retour en politique, qui avait fait l’objet de nombreuses spéculations ces derniers mois, intervient à quelques mois des premières élections municipales depuis la révolution et à environ deux ans de la présidentielle prévue en 2019.

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29 mars 2017 - 22h00