Theresa May accuse Bruxelles de tenter d'influencer les élections britanniques

Critiquée sur le Brexit ces derniers jours, la Première ministre britannique Theresa May a contre-attaqué mercredi en accusant « des responsables européens » de vouloir s’immiscer dans les élections législatives britanniques et de ne pas vouloir le succès du Brexit. « Certains à Bruxelles ne veulent pas le succès des négociations, ne veulent pas que le Royaume-Uni réussisse », a-t-elle dit sur un ton dur devant sa résidence du 10 Downing Street, après avoir menacé la veille de se montrer « sacrément coriace » dans les négociations de sortie de l’Union européenne.

Ces propos interviennent après une séquence difficile pour la dirigeante britannique, à la suite d’un article dimanche dans un journal allemand. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung affirmait que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker estimait que Mme May vivait dans « une autre galaxie » concernant ses exigences de négociations à la sortie d’un dîner à Londres mercredi. Le lendemain, la chancelière allemande Angela Merkel avertissait Londres de ne pas se faire d' »illusions » sur les implications du divorce.

Pour Mme May, la position britannique a été « déformée par la presse continentale ». « La Commission européenne a durci sa position de négociation. Des menaces ont été proférées contre le Royaume-Uni par des politiciens et responsables européens », a-t-elle encore dit, estimant que « tout cela était délibérément programmé pour influer sur le résultat des élections » législatives programmées le 8 juin.

Mme May a décidé de convoquer ce scrutin anticipé afin, selon elle, d’assoir sa majorité au Parlement, actuellement de 17 sièges, et lui permettre d’avoir les mains libres pour négocier le Brexit comme elle l’entend. Les sondages donnent une large avance à son Parti conservateur et Mme May a une nouvelle fois appelé les électeurs à lui offrir le plus large mandat possible, dans son allocution mercredi au retour d’une visite à la reine Elizabeth II pour lui annoncer la dissolution du Parlement.

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03 mai 2017 - 18h45