Tentative de coup d'Etat en Turquie – Journée d'action d'Amnesty pour libérer la centaine de journalistes détenus en Turquie

Amnesty international lance mercredi, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une vaste mobilisation dans le monde et en Belgique dans le cadre de sa campagne #FreeTurkeyMedia. L’organisation de défense des droits de l’homme demande la libération de plus de 120 journalistes incarcérés à la suite de la tentative de coup d’Etat l’an dernier et la fin de la répression de la liberté d’expression en Turquie. Un rassemblement est prévu mercredi matin à Bruxelles devant l’ambassade de Turquie où des militants remettront les quelque 18.000 signatures récoltées en Belgique.
« La journée mondiale de la liberté de la presse est l’occasion de mettre en avant la terrible situation vécue par les journalistes et professionnels des médias turcs. Un grand nombre d’entre eux sont détenus depuis plusieurs mois sans inculpation ni jugement, ou font l’objet de poursuites basées sur des lois antiterroristes rédigées en termes vagues », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.
L’organisation de défense des droits humains demande dès lors aux autorités turques de « relâcher immédiatement et sans condition tous les journalistes détenus uniquement parce qu’ils ont fait leur travail. » Au total, selon l’organisation, plus de 120 journalistes sont incarcérés en Turquie, devenue « le pays qui emprisonne le plus de journalistes ».
La pétition lancée début mars par Amnesty International, qui vise à réclamer la libération de ces journalistes emprisonnés, a déjà récolté plus de 250.000 signatures de par le monde, dont 18.000 en Belgique. Au cours du mois dernier, des milliers de personnes ont par ailleurs soutenu la campagne #FreeTurkeyMedia, qui encourage les internautes à publier un « selfie de solidarité » sur Twitter.
Amnesty International publie également mercredi un rapport intitulé « Journalism is not a crime: Crackdown on media freedom ». Le document épingle que, dans la foulée du coup d’Etat manqué de juillet 2016, au moins 156 médias ont été fermés et environ 2.500 journalistes ont perdu leur travail. Des journalistes ont par ailleurs été arrêtés et inculpés d’infractions liées au terrorisme en raison de billets partagés sur Twitter, de dessins qu’ils ont publiés et d’opinions qu’ils ont exprimées, indique encore Amnesty dans son rapport.

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03 mai 2017 - 01h50