S'attaquer à la mendicité par une interdiction communale n'est pas faisable – Y. Mayeur

S’attaquer à certains comportements agressifs liés à la mendicité via un règlement communal et des Sanctions Administratives Communales comme en a décidé la ville de Gand n’est pas faisable à Bruxelles parce que les SAC ne peuvent être imposées à des personnes non établies en Belgique, soit 90% du public concerné au centre de la capitale, a affirmé lundi soir le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur (PS). Celui-ci était interpellé par la secrétaire d’état bruxelloise Bianca Debaets (CD&V), sous sa casquette de conseillère communale de l’opposition cdH-CD&V et par Dominique De Backer (Open Vld; majorité) sur le phénomène de mendicité, selon eux, en recrudescence dans la zone piétonne du centre de la capitale avec le retour des beaux jours, et parfois assorti de comportements agressifs et d’exploitation de mineurs d’âges.
Selon Mme Debaets, ce phénomène accentue le caractère peu attrayant du piétonnier non réaménagé des boulevards du centre.
Comme elle, Dominique De Backer a plaidé pour l’instauration de sanctions administratives à l’égard de plusieurs formes de mendicité agressive, et pour une initiative à l’échelon fédéral pour interdire l’exploitation d’enfants.
“Ce que fait la ville de Gand ne peut fonctionner chez nous. Parmi nos soucis spécifiques, il y a la question du statut des Roms à régler à l’échelon fédéral”, a notamment répondu Yvan Mayeur, soulignant que la question de la mendicité était une problématique globale et un phénomène relevant d’une responsabilité collective, notamment à l’échelle de la Région qui propose un dispositif d’accueil uniquement en hiver.
Toujours selon M. Mayeur, la police de la zone dispose d’une équipe qui oriente les “habitants de la rue” vers les services sociaux compétents, les aide dans des tâches administratives. Mais elle organise aussi des actions répétées de lutte contre la mendicité agressive, et les comportements mafieux dans ce contexte en transmettant au parquet des procès-verbaux.
“Nous ne faisons preuve d’aucune tolérance en ce qui concerne la mise en danger de mineurs qui fait l’objet de p-v à l’attention du parquet de la jeunesse”, a ajouté le bourgmestre.

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24 avril 2017 - 22h20