Roumanie: troisième soir de manifestations contre le gouvernement

Des dizaines de milliers de personnes protestaient jeudi soir à Bucarest et dans plusieurs villes de Roumanie, pour le troisième jour consécutif, contre un assouplissement de la législation anticorruption, également critiqué par l’UE. « Abrogez puis partez », scandaient à Bucarest les manifestants, environ 40.000 selon les médias, rassemblés devant le siège du gouvernement.
De nombreux protestataires, jeunes pour la plupart, continuaient de converger en milieu de soirée vers la Place de la Victoire mais la foule semblait moins importante que la veille, lorsqu’environ 100.000 personnes s’y étaient rassemblées.
Mercredi la Roumanie avait été le théâtre d’une mobilisation sans égal depuis la chute du régime communiste de Nicolae Ceausescu, entre 200.000 et 300.000 personnes ayant protesté dans une soixantaine de villes.
En cause, un décret d’urgence adopté en catimini mardi par le gouvernement social démocrate, qui permettrait à des élus et hommes d’affaires soupçonnés de malversations d’échapper à certaines poursuites et sanctions.
« La manière dont ils ont adopté ce décret constitue un abus. Nous payons le salaire des ministres pour qu’ils travaillent pour nous, pas pour leur propre bénéfice », soulignait un manifestant, Florin, 38 ans, employé d’une multinationale.
Brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Arrêtez de voler », Carmen, une architecte de 31 ans, assurait pour sa part qu’elle descendra dans la rue jusqu’à ce que le gouvernement démissionne. « L’abrogation du décret ne suffirait plus, ils (les ministres) doivent partir parce qu’ils pensent pouvoir faire n’importe quoi en toute impunité », dit-elle.
Le Premier ministre Sorin Grindeanu a défendu jeudi le décret incriminé, assurant n’avoir aucune raison de démissionner. « Nous avons pris une décision au sein du gouvernement et nous allons de l’avant », a-t-il déclaré.
« Je suis revoltée, j’aimerais ne pas être poussée à quitter le pays », affirmait jeudi soir une autre manifestante, Andrea, programmatrice de 25 ans, tentée par l’exil comme trois millions de Roumains vivant à l’étranger pour une population de 20 millions de personnes.

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02 février 2017 - 22h45