Rio: des narcotrafiquants incendient des bus et paralysent la ville

Des narcotrafiquants qui voulaient créer une diversion lors d’une opération policière ont incendié mardi plusieurs bus sur la principale voie d’accès à Rio de Janeiro, provoquant des embouteillages monstres et semant le chaos dans la seconde ville du Brésil. Aucun blessé n’est à déplorer, mais huit bus et deux camions ont été brûlés à plusieurs endroits dans l’Avenida Brasil, axe névralgique de la seconde ville du pays, et sur une voie attenante, Washington Luiz, pouvait-on voir sur les images de la télévision locale, provoquant 60km d’embouteillages.
Ces images montrent aussi plusieurs personnes dérobant le chargement d’un des camions abandonné une fois le feu éteint.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les incidents ont été causés par des trafiquants tentant de faire diversion alors qu’ils étaient ciblés par une vaste opération policière visant à mettre fin au conflit entre deux factions criminelles pour le contrôle du trafic dans un quartier populaire du nord de Rio.
“Cette opération rapide et efficace a évité un bain de sang”, a affirmé mardi Roberto Sa, commandant en chef de la Police Militaire de Rio, qui fait état de deux morts du côté des trafiquants et de trois blessés légers parmi les policiers.
Les premières incursions des forces de l’ordre ont commencé dès l’aube au quartier de Cidade Alta, bordé par l’Avenida Brasil.
Au total, la police a arrêté 45 personnes et saisi 32 fusils d’assaut, 4 armes de poing et 11 grenades. Le colonel Andre Silva a expliqué à la chaîne Globonews que les bus avaient été incendiés “justement pour nous distraire, semer la confusion et permettre aux criminels de s’échapper”.
Selon les services municipaux, 28 écoles et 10 crèches proches de Cidade Alta sont restées fermées pendant l’opération policière et plus de 12.000 élèves ont été privés de cours.
“Comme dans d’autres quartiers, cette dispute de territoires liée au trafic de drogue est un facteur d’instabilité, ce n’est pas une nouveauté”, a rappelé Roberto Sa.
Les épisodes violents se sont multipliés ces dernières semaines à Rio, lors d’interventions musclées de la police sur fond de guerre des gangs, avec notamment plusieurs enfants tués par des balles perdues lors d’échanges de tirs dans des favelas.
La semaine dernière, cinq personnes ont été tuées par balles en six jours dans le Complexo do Alemao, une des principales favelas de Rio, en marge de l’installation d’un poste d’observation blindé pour la police.
Depuis de début de l’année, 58 policiers ont été assassinés à Rio, selon les chiffres officiels.

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02 mai 2017 - 23h30