Restrictions d'accès au territoire US – Les eurodéputés discutent la politique de Trump et dénoncent l'interdiction de voyage

Les eurodéputés ont évoqué mercredi, avec la Haute représentante de l’UE pour la politique étrangère Federica Mogherini, les récentes décisions du nouveau président américain Donald Trump et ont condamné l’interdiction de voyage aux USA faite aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans. Mme Mogherini a salué la précision apportée par l’administration de Donald Trump concernant le fait que les citoyens européens ne seraient pas touchés par cette interdiction d’entrée aux Etats-Unis, même s’ils ont la double nationalité avec un des pays cités.
« Quand Trump dit qu’il lutte contre l’immigration illégale ou l’islamisme radical, nous ne pouvons qu’approuver », a indiqué le chef de groupe du PPE Manfred Weber. « Mais cette interdiction de voyage, ce n’est pas cela. La suspicion générale de pays et de peuples mène à la xénophobie. »
Le chef de groupe des libéraux, Guy Verhofstadt, a dénoncé une « pure discrimination » dans cette mesure « destinée à alimenter le populisme et le nationalisme » alors qu’aucun terroriste venant des pays ciblés n’a jamais frappé sur le sol américain.
Le chef de file des conservateurs (ECR), Syed Kamall, a pointé le fait que cette interdiction de voyage « envoie le message qu’il y a une contradiction intrinsèque entre être un bon musulman et être un bon citoyen d’une démocratie occidentale ».
A gauche, le chef de groupe du S&D Gianni Pittella a dénoncé « une attaque envers la culture juridique européenne et les valeurs fondamentales européennes ». « Qui aurait cru que les libertés et les droits que nous pensons si naturels pouvaient s’évaporer aussi vite? « , s’est pour sa part interrogée la coprésidente des Verts Ska Keller.
Seul l’europhobe britannique Nigel Farage (Ukip) a pris la défense de Donald Trump, « un démocrate légitimement élu qui fait ce pour quoi il a été élu ». M. Farage a proposé d’inviter le président américain au Parlement européen pour mener « un dialogue ouvert ».

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01 février 2017 - 21h30