Restriction d'accès au territoire US – La Ligue des Droits de l'Homme appelle la Belgique à refuser l'accès au territoire à Trump

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et l’Association européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) appellent la Belgique à répondre au décret anti-musulmans « Muslimban » par un « Trumpban », à savoir une mesure interdisant l’accès en Belgique au nouveau président des Etats-Unis, tant que l’ordre exécutif d’interdiction d’accès au territoire américain pour les ressortissants de sept pays à population majoritairement musulmane (Yémen, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Irak) sera d’application.
À l’instar du Pakistan qui a annulé son invitation ou du parti travailliste au Royaume-Uni qui a lancé un appel en ce sens, la LDH demande au gouvernement belge de renoncer à inviter le président des Etats-Unis, Donald Trump, pour des discussions bilatérales ainsi que de lui interdire l’accès au territoire, même s’il est invité par une organisation internationale ayant son siège en Belgique et ce, tant que ce décret restera en vigueur.

La LDH et l’AEDH constatent, dans un communiqué commun mardi, que ce décret anti-immigrants a des « conséquences potentielles graves » sur certains ressortissants belges et européens. « En effet, nos concitoyens possédant la double nationalité, belge d’une part et de l’une des sept pays visés d’autre part, ne pourront plus entrer aux Etats-Unis du fait de cet acte présidentiel ».

Les deux associations considèrent néanmoins comme rassurantes les « réactions d’indignation, les manifestations et les actions juridiques » qui se sont multipliées un peu partout dans le monde après la décision de Donald Trump. « Même la ministre de la Justice a recommandé aux procureurs de ne pas appliquer un décret illégal ! Le résultat ne s’est pas fait attendre: elle a été limogée par le président », relèvent-elles.

La LDH s’est par ailleurs réjouie de la réaction du Premier ministre, Charles Michel, « ayant clairement affirmé, au nom de la Belgique, son désaccord face à cette législation inique ».

Selon les associations, c’est le titre même de démocratie qui est ici en jeu. C’est pourquoi il est important d’agir pour « affirmer sans ambiguïté le rejet de telles politiques islamophobes et xénophobes ».

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31 janvier 2017 - 14h50