RDC: les autorités promettent de disperser tout rassemblement

Les autorités congolaises ont prévenu qu’elles disperseraient mercredi toute manifestation alors que l’opposition et des mouvements citoyens tentaient de mobiliser la population contre le calendrier électoral qui prolonge de fait de plus d’un an le pouvoir du président Joseph Kabila. Le gouvernement a dénoncé “une frange de l’opposition qui se livre à des actes d’incitation au soulèvement populaire essentiellement dans certains quartiers de Kinshasa, de Lubumbashi et de Goma” dans un compte-rendu d’une réunion du Conseil des ministres mardi soir. “Le gouverneur nous a donné l’ordre de disperser toutes les manifestations. Tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé”, a prévenu mardi le chef de la police de Kinshasa Sylvano Kasongo. Un des organisateurs de la journée de mercredi, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a dénoncé une “répression programmée”.

A Kinshasa, la circulation est plus fluide et la plupart des écoles sont fermées, a constaté un journaliste de l’AFP. “La ville ne fonctionne pas normalement”, selon un taxi-moto. Des policiers anti-émeutes sont visibles en ville. A Goman à 2.000 km à l’est de Kinshasa, les écoles et les marchés sont également fermés et les forces de police sont présentes, a constaté un correspondant de l’AFP. Dans l’autre grande ville du Kivu, Bukavu, boutiques, magasins, écoles, banques et transports en commun fonctionnent normalement. La télévision d’État a relayé un message du gouverneur invitant la population à vaquer à ses occupations quotidienne.

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) avait mardi “exhorté les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales”, “dont la liberté de réunion et de manifestation”. “La Monusco rappelle également aux citoyens que le droit de manifester implique de s’abstenir de recourir à la violence sous toutes ses formes”, ajoutait la force onusienne.

Publié le 5 novembre le calendrier électoral prévoit des élections le 23 décembre 2018. Au pouvoir depuis 2001, élu deux fois en 2006 et 2011, M. Kabila ne peut plus se présenter et son mandat a pris fin le 20 décembre 2016 selon l’actuelle Constitution. Un accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016 prévoyait déjà l’organisation de la présidentielle au plus tard en décembre 2017.

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15 novembre 2017 - 09h24