Publifin – La presse au vitriol pour dénoncer l'absence de commission d'enquête parlementaire

Les éditorialistes de la presse francophone condamnent sans ambages jeudi la décision de la majorité wallonne PS-cdH de laisser le soin à une simple « commission spéciale » d’examiner le scandale Publifin et de renoncer par là à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. « La commission d’enquête s’imposait précisément au vu des ramifications multiples, des opacités, au vu des montants financiers impliqués, des questions sur l’utilisation de l’argent public, sur la porosité entre les activités régulées et privées, au vu aussi de l’implication de nombre de mandataires politiques des trois plus grands partis francophones principalement », écrit dans Le Soir Béatrice Delvaux.
« Quelles est donc cette vérité que les deux partis ne veulent pas voir éclater au grand jour? », s’interroge dans La Libre Francis Van de Woestyne. Comme d’autres, l’éditorialiste de La Libre souligne que le risque de conflit avec une enquête judiciaire ne tient pas alors que PS et cdH ont poussé au fédéral à la mise en place d’une commission d’enquête sur le Kazakhgate, qui a elle vu le jour. « Pour éviter que ne se développe l’insupportable et injuste ‘tous pourris’, il faudra bien un jour désigner les responsables de la chienlit qui règne autour de ce dossier », estime Francis Van de Woestyne.
L’éditorial de Sud Presse est au picrate, Christian Carpentier s’adressant directement aux présidents du PS et du cdH, Elio Di Rupo et Benoît Lutgen. « Qu’ils s’abstiennent dorénavant de mettre quiconque en garde contre la montée des extrémistes. Car se sont désormais eux qui ont fait le choix de les nourrir », juge-t-il.
Dans L’Echo, François-Xavier Lefevre constate que « le PS et le cdH ratent une occasion de se racheter dans ce dossier en démontrant qu’ils sont prêts à aller jusqu’au bout des choses ». Selon lui, « la Wallonie n’est visiblement pas encore prête à mener jusqu’au bout son exercice de transparence ».
Dans Le Soir, l’éditorial s’appuie notamment sur les derniers éléments de la saga, la révélation des montants annuels engrangés par trois des plus importants mandataires liégeois dans les différentes intercommunales dans lesquelles ils siègent: 365.600 euros pour André Gilles (PS), 309.000 euros pour Georges Pire (MR) et 150.900 euros pour Dominique Drion (cdH).

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02 février 2017 - 11h25