Premières rencontres entre Mogherini et l'administration Trump

Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne, a rencontré jeudi à Washington le tout nouveau secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, dans un contexte d’incertitudes concernant les liens transatlantiques. L’élection du milliardaire républicain Donald Trump à la Maison Blanche a provoqué le désarroi de nombreux dirigeants européens, qui considèrent qu’il fait preuve d’une naïveté dangereuse au sujet du risque d’interférences de la Russie et craignent que sa victoire ne donne des ailes aux partis populistes d’extrême-droite en Europe.
M. Trump a salué la sortie du Royaume-Uni de l’UE décidée par référendum et, selon certains médias, il prévoit de nommer Ted Malloch comme ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE.
Or ce dernier a prédit la semaine dernière, dans la presse allemande, le délitement de l’Union européenne, estimant que le départ britannique en était la première étape. Cet homme d’affaires a également comparé le bloc européen à l’Union soviétique.
Depuis sa victoire, Donald Trump a édulcoré certaines de ses critiques à l’encontre des membres européens de l’OTAN, mais n’est pas très enthousiaste concernant l’union politique des 28 pays.
Federica Mogherini est arrivée dans la capitale fédérale américaine avec la délicate mission de bâtir une relation de travail avec la nouvelle administration, composée de beaucoup de novices en politique.
Elle a commencé par M. Tillerson, qui a quitté son poste de patron du géant pétrolier ExxonMobil où il a travaillé 41 ans pour rejoindre l’administration Trump.
Elle a qualifié de “rencontre fructueuse” son entretien avec le Texan de 64 ans, qui avait reconnu avoir forgé une relation “très proche” avec le président russe Vladimir Poutine –qui l’a décoré en 2012 de l’ordre de l’Amitié, une décoration décernée aux étrangers–.
“Il y a de nombreux dossiers sur lesquels l’UE et les Etats-Unis ont un intérêt à coopérer étroitement”, a indiqué Mme Mogherini, selon son bureau.
Les deux dirigeants ont discuté de stratégie anti-terroriste, de relations avec la Russie, de l’accord sur le nucléaire iranien et des crises en Ukraine et en Syrie, a-t-on précisé de même source.
Donald Trump a indiqué qu’il voulait se rapprocher de Moscou et coopérer avec la Russie dans la lutte pour éradiquer “le terrorisme islamique radical”. L’Europe craint qu’il ne soit conciliant au sujet de l’intervention russe en Ukraine.
Après M. Tillerson, la chef de la diplomatie européenne devait s’entretenir à la Maison Blanche avec Michael Flynn, conseiller de Donald Trump en matière de sécurité nationale, et avec Jared Kushner, gendre du président républicain désigné haut conseiller.

Partager l'article

10 février 2017 - 03h15