Pour ses parfums, Vuitton mise sur une technique d'extraction exclusive

La marque française de luxe Louis Vuitton, qui vient de faire son retour en parfumerie après 70 ans d’absence, a eu recours à une méthode d’extraction très novatrice pour confectionner deux de ses sept nouvelles fragrances. A l’origine de cette technique, le « nez » Jacques Cavallier-Belletrud, qui a notamment conçu « Acqua di Gio » de Giorgio Armani, « L’Eau d’Issey » d’Issey Miyake ou « Poême » de Lancôme.

Ce fils et petits-fils de parfumeurs grassois l’a mise au point durant cinq ans chez Firmenich, l’un des trois leaders mondiaux de la parfumerie et des arômes, avant de rejoindre le groupe LVMH début 2012.

« On a développé un système qui est une première mondiale, l’extraction par gaz supercritique de fleurs fraîches », explique-t-il à l’AFP.

Le gaz est du dioxyde de carbone (CO2), soumis à une pression allant jusqu’à 300 bars pour le rendre liquide. Cette méthode est déjà utilisée par des industriels de la parfumerie comme Mane ou Robertet mais différemment.

Connue depuis les années 70, elle a d’abord été employée pour enlever la caféine du café, à la place de la soude ou de l’acide chlorhydrique qui occasionnaient des maux d’estomac.

Pour les produits naturels, les méthodes d’extraction habituelles sont la distillation, apparue en Mésopotamie 4.000 ans avant Jésus-Christ, et celle aux solvants volatiles, brevetée à Grasse en 1894.

Mais elles impliquent de chauffer les fleurs, ce qui « tue les parties volatiles et fragiles qui font la beauté de leur odeur dans un champ », selon le maître parfumeur de 54 ans.

« La grande différence c’est qu’en travaillant à seulement 25 degrés, le liquide va absorber toutes les molécules odorantes par immersion sur un temps précis, et on obtient un extrait de fleurs 100% naturel, sans solvants issus du pétrole ».

Louis Vuitton a obtenu l’exclusivité de cette technologie auprès de Firmenich pour toutes les fleurs et matériaux issus du terroir grassois, à commencer par deux de ses emblèmes: la rose de mai Centifolia, présente dans son parfum « Rose des Vents » et le jasmin, récolté pour « Dans la Peau ».

« Il faut 800 kilos de fleurs pour faire un kilo d’extrait absolu de jasmin au CO2 », précise Jacques Cavallier-Belletrud.

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16 septembre 2016 - 08h55